Salon : la « quinte essence » de la cosmétique

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Pour la première fois en France, la Cosmetic Valley organise un salon professionnel, Cosmetic 360, lieu de rencontre entre les donneurs d’ordres et leurs fournisseurs. Coup de projecteur sur cinq projets à découvrir les 15 et 16 octobre.

packaging

Du Doypack cosmétique grâce à DLC

Et si le bag-in-box, qui fait fureur dans le vin, se déclinait dans le secteur de la beauté ? C’est l’idée mise en application par Delta Composants (DLC). C’est à cette PME de micromécanique – qui n’a pas les deux fraises dans le même sabot – que l’on doit déjà l’élégant microperçage de matériaux : des trous minuscules et répétés dans le métal, le bois, le carton, le plastique, le cuir… Cette innovation, qui donne à la matière un aspect de dentelle, avait été lancée en 2005 pour un parfum Jean Paul Gaultier.

Cette fois, l’entreprise industrielle d’une centaine de personnes, dotée d’un bureau d’études, a décliné le Doypack, ou sachet souple, sur mesure, pouvant être décoré. Techniquement, il s’agit de sceller sur deux ou trois côtés, à partir de films plastique en polyéthylène et en PET, des sachets munis ou non de soufflets latéraux. «La demande existe dans plusieurs secteurs d’activité : shampooing, gel douche, savon liquide…», assure Stéphane Guillochon, directeur général de Delta Composants, dont l’usine est située à La Ferté-Bernard (Sarthe). Au départ, la PME réalisait du circuit imprimé. Puis la crise de 2001 a changé la donne. «Nous avons vécu une catastrophe industrielle et nous nous sommes beaucoup diversifiés», explique le dirigeant. Dans le packaging, DLC a investi plus de 600 000 euros depuis deux ans pour se renforcer sur cette niche du Doypack, alternative aux bidons et aux emballages individuels. Le dernier achat en date de la société est une machine pour poser des bouchons de sachets souples.

 

décor

Ruban en série chez Orimono

Le must d’un coffret, c’est sa personnalisation. Et parfois, ce détail passe par un ruban posé à la main. Orimono, société créée en 2014 par Christelle Lavaure, propose d’industrialiser en partie ce geste. «Cela multiplie les possibilités créatives autour de la décoration textile», assure la dirigeante. Orimono (textile en japonais) a noué un partenariat avec le fabricant de machines Esatec, et sa filiale A2C dédiée à la pose de décors, afin de sous-traiter cette ultime étape du packaging, «en petites ou moyennes séries», précise Christelle Lavaure. «Soit nous livrons le décor posé, soit nous aidons les industriels à implanter le procédé sur leurs propres lignes de production», ajoute celle qui a lancé et développé la filiale française du leader mondial du ruban, le sino-américain Papillon Ribbon & Bow. Aidée par Bpifrance, Orimono a déjà signé avec LVMH ou L’Oréal. «En proposant une fabrication en France, nous offrons une alternative entre le fait main, à l’unité, et la délocalisation de grandes séries», conclut Christelle Lavaure.

 

ingrédient

Un teint nickel venu des sols pollués grâce à Stratoz

Quel lien y a-t-il entre les rejets des mines de nickel de Nouvelle-Calédonie et des ingrédients cosmétiques purs ? La phytoremédiation, ou l’épuration par les plantes. La relation entre les deux est surprenante, elle a même décontenancé les chercheurs du laboratoire de chimie bio-inspirée et d’innovations écologiques de l’université de Montpellier qui l’ont découverte. «Au départ, l’ambition était de donner une valeur économique à la biomasse issue des plantes de dépollution des sols. La démarche est allée plus loin que prévu grâce à la mise au point de catalyseurs chimiques, plus performants que ceux issus de la métallurgie», résume la Pr Claude Grison. Ce labo a mis au jour des végétaux capables d’accumuler des métaux lourds lorsqu’ils sont cultivés sur des sols pollués. L’innovation réside dans la réutilisation de ces métaux sous forme de catalyseurs pour identifier et transformer des ingrédients, en lieu et place de la chimie de synthèse. La performance de ces découvertes est validée par 26 brevets déposés depuis trois ans. Les travaux dirigés par Claude Grison, qui associent plusieurs autres laboratoires publics et privés, dont AgroParisTech ou le géant minier Eramet, ont donné naissance à une société, Stratoz, basée à Montpellier. Cette PME, présidée par Jacques Biton, est soutenue par le fonds Truffle Capital, qui a investi 1 million d’euros en 2013. Le producteur d’ingrédients Chimex (filiale de L’Oréal) s’intéresse déjà de près aux catalyseurs de Stratoz…

 

personnalisation

Web to packaging avec DigitalPackaging

À l’instar du Web-to-print, qui bouleverse le secteur de l’impression en dématérialisant la commande à l’imprimeur, Digital Packaging propose des emballages sur mesure à partir d’Internet. «Nous fournissons un site en marque blanche. Il est totalement adaptable au cahier des charges de nos clients, qui peuvent à leur tour proposer aux consommateurs finaux l’emballage qu’ils souhaitent», souligne Olivier Demetriadis, son directeur commercial. Visualisation de l’objet en 3D, vidéo déclenchée par un QR code imprimé sur l’emballage, message personnel si c’est un cadeau, émission d’un bon de commande, traitement de la relation client, «le site se veut ludique et pratique», assure le manager, qui précise que la vidéo fait l’objet d’un protocole sécurisé. L’an dernier, la jeune société a réalisé 2,7 millions d’euros de CA. Nestlé lui a confié une campagne pour des chocolats en fin d’année. Outre des capacités en impression grand format, surtout axée sur la 3D et le lenticulaire, la PME a développé la personnalisation de l’emballage.

 

matériel de diagnostic

Mapo, le masque de beauté connecté par WBT

Présenté en avant-première à Cosmetic 360, Mapo est un masque issu de la technologie des textiles connectés. Il est l’œuvre de WBT (Wired Beauty Technologies). Cette société fondée en 2014 par Jean-Roch Meunier et Stanislas Vandier, deux ex-l’oréaliens, exploite en licence la technologie du lyonnais Cityzen Sciences dans le domaine dermocosmétique. Muni de capteurs intégrés au textile, le masque mesure l’état de la peau, son hydratation et sa nature. Les données sont transmises à une application qui les «mouline» puis les confronte à l’information disponible sur le Web. «Nous avons développé une plateforme qui agrège des informations à partir des blogs beauté, des communautés de consommatrices», détaille Jean-Roch Meunier. L’application (disponible pour l’instant seulement sur iOs) délivre ensuite un choix de crèmes adaptées. À l’heure où nous bouclons, le prix de vente de Mapo n’est pas encore fixé. Mais, déjà, WBT a déposé «la marque “Clinique digitale”, pour proposer cette application à des marques qui souhaitent tester des produits dans plusieurs pays et auprès de plusieurs échantillons de consommateurs. Cela permet aux labos de tester plus facilement leurs nouvelles formules», explique Jean-Roch Meunier.

L’innovation tous azimuts à Cosmetic 360

Marc-Antoine Jamet, président de la Cosmetic Valley, martèle son discours : «L’innovation est la force des produits français, la raison même du leadership mondial de notre industrie». Et pour mieux convaincre, le pôle de compétitivité ajoute une corde à son arc en devenant l’organisateur d’un salon, baptisé Cosmetic 360. Les 15 et 16 octobre au Carrousel du Louvre, à Paris, la Cosmetic Valley réunit ainsi 150 exposants, propose 180 rendez-vous personnalisés aux porteurs de projets afin que les prestataires, souvent des start-up, puissent rencontrer les grands donneurs d’ordres. Et pour leur donner davantage de visibilité, cinq prix – les Cosmetic 360 Awards – seront remis aux projets les plus marquants alors que The Cosmetic Victories permettront aux candidats, des étudiants aux PME, présentant une innovation (technologique, marketing ou commerciale) de bénéficier du soutien du fonds de dotation Cosmetic Valley-Essec.

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