Fapec : Bernard Heimendinger

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Cet entrepreneur qui a fait grandir Fapec passe la main à ses enfants, alors que sa société de fabrication de meubles et de PLV vient de fêter ses 50 ans.

À 68 ans, on le voit toujours sur le terrain. Bernard Heimendinger n’hésite pas à quitter le siège de Fapec à Paris pour se rendre dans l’usine de fabrication de PLV et d’équipement pour les magasins, située à Illiers-Combray, dans l’Eure-et-Loir. Celui qui a dirigé l’entreprise pendant une quarantaine d’années veut passer la main en douceur. «Pour préparer l’avenir, nous avons mis en place un directoire dont je préside le conseil de surveillance», explique-t-il. Il laisse ainsi la place à un trio composé d’un collaborateur de longue date, Philippe Quettier, qui assume le rôle de directeur administratif et financier, de son fils Frédéric, président, et de sa fille Audrey, directrice commerciale. «C’est un vrai plaisir pour moi de voir mes enfants prendre la suite», affirme-t-il humblement.

Une transition tranquille

L’avenir s’annonce pérenne pour la PME française qui emploie 175 personnes et se targue d’un chiffre d’affaires de plus de 15 millions d’euros en 2014. Chaque année, elle équipe plusieurs centaines de magasins, partout dans le monde. Les deux tiers de sa production sont exportés, en Europe, mais aussi en Amérique (États-Unis, Mexique), en Asie (Chine, Corée du Sud) et au Moyen-Orient (Arabie saoudite, Qatar). «Nous suivons nos clients, nous naviguons dans leur sillage», décrit Bernard Heimendinger. Une recette qui implique de décliner la signalétique dans plusieurs langues et de s’adapter aux normes de conditionnement des transporteurs de chaque pays.

Le développement de Fapec a suivi celui de la grande distribution. L’entreprise a su répondre à tous les désirs du secteur. Dans les années 1970, elle réalise surtout des présentoirs. Au cours de la décennie suivante, les chaînes de magasins se multiplient, chacune voulant un concept propre. Fapec en a meublé plus d’une. Dans les années 1990, la société se consacre à la fabrication de corners. Pour suivre ces mouvements, une stratégie : concentrer la production sur un seul site. Unités dédiées au bois, au métal, à la peinture, à l’assemblage et aux finitions sont toutes rassemblées pour bénéficier d’une force de frappe plus importante.

Un outil modernisé

Aujourd’hui, Fapec réalise différents types de produits pour des clients issus de domaines variés (beauté, textile, bijouterie…), la cosmétique étant le secteur le plus représenté. L’entreprise a ainsi récemment signé le mobilier du concept-store Yves Rocher boulevard Haussmann, à Paris, les corners Flormar ou encore les meubles en bois massif de L’Occitane. Objectif pour les années à venir : développer le chiffre d’affaires tout en restant compétitif. Pas évident, sachant que la famille dirigeante veut maintenir sa production en France. «En étant très industrialisé, on peut atteindre un bon rapport qualité/prix», déclare sans hésiter Bernard Heimendinger, qui, depuis cinq ans, a pris soin de moderniser son site de production. La menuiserie s’est agrandie, elle a accueilli de nouvelles machines. L’usine de métal intègre des lasers modernes, ses flux ont été réorganisés pour améliorer les performances. Ces mouvements ont pris fin en juin dernier avec l’inauguration du nouveau showroom. L’occasion de fêter également les 50 ans de l’entreprise familiale.

Son parcours

Après des études de commerce, Bernard Heimendinger enchaîne deux stages, en Angleterre et en Allemagne, dans les domaines de la chimie et de la distribution. Il décroche son premier emploi en 1969, au sein d’une société internationale de négoce, spécialisée dans les matières premières. «Au bout de huit ans, j’ai voulu me mettre à mon compte», déclare-t-il. Il fonde alors une société qui avait pour objectif de doper les exportations des entreprises françaises. Il découvre Fapec à la fin des années 1970 et la rachète pour la faire grandir.

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