Produits : le parfum s’affirme en officine

La très forte croissance du segment encourage de nouveaux entrants à se lancer sur ce marché prometteur. Les pharmaciens s’en réjouissent.

Ils n’ont plus besoin de le prouver. Les parfums ont toute leur place dans l’univers des officines. «C’est un marché en pleine effervescence, il a atteint 30 millions d’euros en 2014 et a réalisé une croissance de 17,3%», affirme Minh Tran-Kim, directeur général France de Roger & Gallet (L’Oréal Cosmétique active). Un chiffre d’affaires réalisé aux deux tiers dans les pharmacies et pour le tiers restant, en parapharmacies. Il faut dire que l’offre ne cesse de s’étendre. Connu et reconnu pour ses eaux de Cologne, leader avec 67% de part de marché, Roger & Gallet a entamé une petite révolution au mois d’avril dernier avec l’arrivée de sa première eau de parfum. «Nous voulons renforcer et pousser la catégorie plus que jamais», précise Minh Tran-Kim. Fleur de Figuier Eau de parfum se place dans la lignée de son eau fraîche star, déjà composée par Francis Kurkdjian pour Takasago.
À la même période, le numéro 2, Nuxe, a décliné Prodigieux le Parfum en version 30 ml à 29,90 euros, un format qui séduit par son petit prix et qui peut provoquer l’achat d’impulsion. Pour la suite, «on ne s’interdit rien, précise Cécile Debièvre, directrice générale déléguée du groupe Nuxe. Le marché a un fort potentiel, il grandit et on l’observe.» De son côté, Caudalie, numéro 3, a enrichi sa collection d’eaux fraîches d’une quatrième référence, Rose de vigne, signée par Ralf Schwieger, parfumeur chez Mane. Une palette de fragrances variées, différents degrés de concentration et des grands noms de la parfumerie, le tout à des prix raisonnables : les propositions du circuit de la croix verte n’ont rien à envier au sélectif.

Ixxi et Weleda aussi

Aux côtés de ces trois poids lourds, une pléthore de petits acteurs souhaite se faire une place sur les rayons ensoleillés des officines. Parmi les nouveaux entrants cette année, Ixxi, qui a lancé une collection de trois eaux parfumées. En octobre, ce sera au tour de Weleda de présenter sa première eau de toilette, Jardin de vie Grenade. «Nous sommes connus pour notre expertise sur les huiles essentielles, nous avons pensé que c’était l’ingrédient idéal, décrit Françoise Kessler, directrice commerciale de Weleda France. Les pharmacies cherchent d’autres voies que le médicament, elles vont de plus en plus vers la notion de plaisir.»  Reste une question, cruciale : les officines sont-elles une destination d’achat de fragrances ? Pas encore, s’accordent à dire les acteurs du segment, mais elles sont en passe de le devenir.
Outre l’attractivité de l’offre et ses prix raisonnables, ce phénomène s’explique par deux tendances globales. Les consommateurs sont multicircuits, et la croix verte a le vent en poupe. Séduits par les valeurs de qualité et de sécurité qui y sont associées, ils en franchissent la porte. «Parmi eux, de nombreuses femmes viennent du sélectif, précise Minh Tran-Kim. Pour nous, tout l’intérêt est qu’elles sachent qu’elles peuvent trouver tout type de produits en pharmacie, dont du parfum.» Une nouvelle réjouissante pour les pharmaciens, qui ont besoin de nouveaux relais de croissance.

Une formation spécifique

Si le parfum est présent en pharmacie depuis longtemps, essentiellement sous forme d’eaux fraîches, le secteur entre aujourd’hui dans une démarche plus volontaire. «Les grands groupes veulent apprendre aux pharmaciens à bien vendre ce type de produit, certains proposent même des modules de formation», déclare Alain Hababou, propriétaire de la pharmacie Montorgueil à Paris. Car pour ces professionnels de la santé, il s’agit d’apprendre un nouveau métier.

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