Maquillage : les yeux font des appels de fards

L’eye art pourrait bientôt prendre la place du nail art dans le cœur des consommatrices. En anticipation de cette tendance, les fabricants ont proposé de nombreuses nouveautés destinées au maquillage des yeux lors du dernier salon MakeUp in Paris.

Les traits colorés, les petits motifs et autres paillettes qui s’épanouissaient jusqu’alors sur les ongles ont migré : ils arrivent désormais sur le visage. Après le nail art, la prochaine tendance pourrait bien concerner les yeux. L’eye art est un maquillage sophistiqué qui peut aller de quelques traits d’eye-liner savamment placés à des créations originales qui jouent sur des effets d’optique. Les prestataires, qui cherchent plus que jamais à se placer en amont des demandes des marques, observent de près les envies des consommateurs pour faire des propositions adéquates. Lors du salon MakeUp in Paris, qui s’est tenu en juin dernier au Carrousel du Louvre, le maquillage des yeux était à l’honneur, avec nombre de nouvelles solutions packaging pour sublimer le regard.

Qui dit art, dit bien sûr couleur. Du dégradé subtil au dessin amusant représentant un animal ou même un paysage, mieux vaut être équipé d’une palette disposant d’un nuancier suffisant. Pour offrir une grande variété de fards à paupières, LF Beauty a créé Reverso 3, un boîtier deux-en-un [4]. Sa particularité ? Un système d’ouverture qui fonctionne en avant et en arrière, selon le côté choisi. Reverso 3 s’ouvre une première fois comme un emballage classique. Puis, une fois fermé, il est possible de le retourner et de l’ouvrir de nouveau pour accéder à l’autre côté. Ce conditionnement ingénieux permet d’avoir plusieurs palettes dans un boîtier qui tient dans une seule main. La version rectangulaire mesure 64 x 70 x 18 mm, mais d’autres formes et d’autres tailles sont possibles.

Pour réaliser des dégradés, les consommatrices ayant du mal à se servir d’un pinceau peuvent se sentir plus à l’aise avec un crayon jumbo. Ce format popularisé par les Chubby sticks de Clinique, destinés aux lèvres, s’adapte aux yeux, tels les Phyto-eye twist de Sisley. Parmi les prestataires susceptibles d’en fabriquer figure Alkos. Lors du salon, il en a dévoilé une version hermétique. Cette caractéristique permet d’intégrer à la formule des éléments volatils. Résultat : une texture crémeuse facile à appliquer grâce à la pointe du crayon qui glisse sans effort sur la peau. Un nouvel actif fixe la couleur pour une tenue longue durée et une résistance à l’eau.

Des traits ou des pointillés

Avec ou sans couleur, certaines femmes choisissent de déposer un trait d’eye-liner sur leurs paupières. Du plus fin au plus épais, de la ligne classique à celle en pointillé, tout est envisageable. À chaque design, son outil. Pour répondre à toutes les envies, les fabricants développent des applicateurs à usage précis. «Nous avons identifié plusieurs besoins, dont celui de souligner le regard de façon subtile et celui d’avoir un maquillage sans bavure», décrit Mylène Meunier, directrice commerciale de Cosmogen. La société a présenté deux nouvelles collections.

La première, classique, compte un peu moins d’une dizaine de références. Parmi elles, des pointes feutres et des stylos. Une mine ultra-fine permet d’étoffer discrètement la ligne des cils, d’autres, plus ou moins épaisses, sont biseautées pour offrir un meilleur appui lors de l’application. De quoi rendre les traits nets et précis accessibles même aux débutantes. Et en cas de raté, Cosmogen a prévu des Make up remover, des applicateurs aux pointes arrondies pour effacer en douceur. «En Asie, le maquillage est un jeu, affirme Renaud van den Berg, directeur général de l’entreprise. En France, nous avons une approche plus classique mais c’est en train d’évoluer.» La collection spéciale eye art du fabricant comprend sept applicateurs [3]. Une pointe ronde pour faire des points, une triple boule pour réaliser trois points alignés ou encore une pointe fendue pour tracer plusieurs lignes parallèles font partie des options possibles.

Stabilité et maniabilité

Un maquillage des yeux ne serait pas complet sans une touche de mascara. L’allemand Geka, qui vient de racheter Oekabeauty, a révélé sa collection estivale [2], dont un mascara garantissant volume et définition. Ses fibres se composent d’un cœur ferme qui offre une bonne stabilité, enduit d’un matériau plus doux pour une application agréable. Chaque poil est biseauté afin de mieux séparer les cils. Une nouvelle brosse en plastique injecté se distingue par sa forme courbée. Des picots courts situés à ses extrémités servent à recourber les plus petits cils. Si le volume reste la principale attente des consommatrices, leurs demandes pourraient se complexifier dans les années qui viennent.

Geka a également présenté un peigne à sourcils, son premier applicateur de ce type en plastique injecté. Sa petite taille et ses picots placés d’un côté seulement assurent une bonne maniabilité. D’abord destiné à peigner les sourcils, l’outil sert aussi à déposer délicatement une touche de mascara coloré au bout des cils. «Nous travaillons avec différentes agences qui affirment que cette tendance va émerger d’ici à 2016 ou 2017, décrit Julia Kiener, responsable marketing chez Geka. Nous voulons être en amont de ces requêtes, nous voulons inspirer nos clients et grandir avec eux.» Une stratégie logique sur un marché saturé.

Les défilés source d’inspiration

Le rituel de beauté autour des yeux se sophistique déjà avec l’explosion des produits pour les sourcils. Topline Products a dévoilé trois outils à double embout destinés à structurer le regard [1]. Un premier duo comprend, à une extrémité, une mine triangulaire brevetée qui sert à dessiner et à densifier un sourcil fin. De l’autre, une brosse goupillon estompe le résultat. Une autre version est complétée par une petite brosse qui se range à l’intérieur de la flaconnette. Elle contient une formule de type cire (incolore ou pas), qui permet de mettre en forme et de fixer les sourcils. La troisième solution est un clip pen : une pression sur le bouton-poussoir délivre une dose de cire fixante, à appliquer à l’aide d’un mini-peigne biseauté. Ce sont les maquillages réalisés sur les mannequins lors des défilés de grands couturiers qui ont encouragé Topline à travailler dans cette voie. «Les jeunes consommatrices sont très influencées par Internet et les blogs, elles testent tout, elles sont audacieuses, souligne Sophie Gaspin, responsable des ventes Europe. L’eye art, c’est une tendance qui peut prendre.» L’avenir dira si cette tendance obéit bien au doigt… et à l’œil.

Sorona et Crastin : futurs succès de DuPont ?

Fabriquer un flacon ou un pot dans un plastique écoresponsable, doux et brillant ? C’est désormais possible. DuPont, le créateur du Surlyn, a présenté deux polyesters haut de gamme destinés à l’industrie cosmétique. «Nous avons des développements en cours avec des grandes marques», a déclaré Rémi Daneyrole, responsable marketing et communication. Le Crastin et le Sorona font preuve d’une excellente stabilité et évitent toute migration vers la formule. Ils offrent une très grande brillance. Disponibles dans toutes les couleurs, mais pas en version transparente, ils permettent de travailler l’état de la surface pour obtenir un fini lisse, doux ou granuleux. En outre, le Sorona peut inclure de 20% à 37% d’ingrédients biosourcés. Un argument de poids à l’heure où les marques veulent réduire leur empreinte écologique.

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