Ingrédients du monde : aux racines de la beauté

Certaines plantes exotiques aux multiples vertus sont devenues des classiques des formules ou des indispensables de la parfumerie. Passage en revue de ces stars végétales.

Le karité (Vitellaria paradoxa ou Butyrospermum parkii) du Burkina Faso

Cet arbre sacré – que l’on ne doit donc pas couper – pousse dans une bonne partie de l’Afrique centrale. Les femmes en récoltent les noix et transforment cette matière première brute en beurre de karité. Si le Nigeria est le premier producteur, la cosmétique, qui a largement contribué à la popularisation de ce produit aussi utilisé dans l’alimentaire, source principalement au Burkina Faso. Plusieurs marques ont noué des partenariats avec des coopératives locales (René Furterer dans le groupe Pierre Fabre, L’Occitane…) afin d’en préserver la qualité et de faciliter les procédés de transformation. Riche en insaponifiables et en vitamines (A, D, E et F), le karité nourrit, régénère et protège la peau ou les cheveux. Il est souvent formulé dans les soins de jour pour peaux sèches.

 

L’huile d’argan ou d’argane (Argania spinosa) du Maroc

C’est le nouveau beurre de karité ! Très à la mode, on la trouve dans des soins du visage, des capillaires et même du maquillage, comme en témoigne le mascara Wonder’full de Rimmel. Elle provient d’un arbre endémique, l’arganier, qui ne pousse que dans le sud-est du Maroc. Comme le karité, ce sont les femmes qui produisent l’huile d’argan, de la cueillette des noix (ce sont leurs amandons qui sont utilisés) à la fabrication. Elle est riche en acides gras, les fameux omégas 3 et 6, en vitamine E antioxydante… Pour nourrir, réparer et protéger.

 

Le patchouli (Pogostemon cablin) d’Indonésie

Les nez utilisent une huile essentielle puissante de cet arbrisseau, obtenue par distillation des feuilles. La production mondiale de patchouli est de 1 000 tonnes par an, 80% provenant d’Indonésie. Très facetté, il parfume de ses notes terreuses, vertes et camphrées bon nombre de classiques : Patchouli de Réminiscence (où il figure en overdose à près de 70%), mais aussi Aromatics Elixir de Clinique, Opium d’YSL et même Coco Mademoiselle de Chanel. Les maisons de composition adoptent de plus en plus sa version rectifiée par distillation moléculaire, procédé qui débarrasse l’huile essentielle de son côté «moisi».

 

La vanille (Vanilla planifolia) de Madagascar

On dit de cette star de l’alimentaire qu’elle symbolise l’odeur et le goût les mieux acceptés dans le monde. La vanille est une fleur de la famille des orchidées, la seule à donner des gousses. Madagascar, qui cultive la variété bourbon, spécialité de l’océan Indien et la plus présente en parfumerie, en est l’un des principaux producteurs. Elle est traitée de plusieurs manières, de la plus sophistiquée (par extraction au CO2 supercritique) à la plus traditionnelle (en infusion). La cosmétique aussi l’exploite, notamment Chanel, qui a conçu l’actif anti-âge Planifolia PFA présent dans Sublimage. Principal composant de la vanille, la vanilline est synthétisée depuis le XIXe siècle et fait partie des molécules constituant la fameuse «Guerlinade».

 

Le moringa (Moringa oleifera) d’Inde

Cette variété est la plus connue, mais il en existe d’autres venues d’Afrique, comme la pterygosperma. Surnommé «l’arbre aux miracles», le moringa a de nombreuses vertus médicinales et nutritives. En cosmétique, en version huile ou beurre, il est nourrissant et réparateur grâce à ses acides gras, ses vitamines… La recherche a aussi mis en évidence des propriétés actives. Galénic, par exemple, a conçu un extrait issu de sa graine et en a fait la star de sa gamme Milaya (peaux matures) pour ses pouvoirs restructurants – il stimule la production de kératine –, antioxydants grâce à sa richesse en polyphénols… Clarins l’utilise dans des produits nettoyants car il a la capacité d’éliminer les particules dues à la pollution.

 

La Centella asiatica de Madagascar

Utilisée en médecine traditionnelle chinoise et ayurvédique (elle entre dans la composition du fameux baume du tigre), cette petite plante herbacée est aussi prisée par la médecine occidentale depuis plus de cinquante ans, au travers de médicaments comme le Madécassol, un cicatrisant. La cosmétique se sert principalement de deux molécules de la plante, le madecassosside et l’asiaticoside : très réparatrices, elles vont stimuler la synthèse de collagène, réduire les phénomènes inflammatoires et consolider la structure du derme.

 

Le monoï (Gardenia tahitensis et Cocos nucifera) de Tahiti

Il ne s’agit pas vraiment d’un végétal puisqu’il est issu d’une huile extraite de la noix de coco (l’huile de coprah), qui est raffinée puis dans laquelle macèrent des fleurs de tiaré. Surtout connu pour son odeur ensoleillée, le monoï, doté d’une appellation d’origine, possède aussi des propriétés réparatrices et nourrissantes. Son prix est abordable et, surtout, il est assez facile à formuler. On le retrouve donc de nombreux types de produits : solaires bien sûr, soin du corps ou des cheveux et même, maquillage.

 

L’açaï (Euterpe oleracea) d’Amérique du Sud

Ce palmier, qui ne pousse qu’en Amérique latine, produit un fruit popularisé par la présentatrice américaine Oprah Winfrey, qui en a vanté les vertus protectrices. L’açaï fait partie des «superfruits» : ces végétaux exotiques hyper-riches en polyphénols, ce qui leur confère un pouvoir antioxydant incomparable. Dans le cas de l’açaï, il s’agit de l’anthocyane, un composé phénolique qui lui donne sa couleur pourpre. Il contient en plus de la vitamine E et des oligoéléments.

Facebook
Twitter