Carte blanche : Amandine Marie

Firmenich

Parfumeur chez Firmenich, elle aime se frotter aux mythes. Après avoir décliné Angel en eau de toilette, Amandine Marie a imaginé cette année une nouvelle histoire pour le classique de Lancôme : La Nuit Trésor.

L’homme qui a compté

«Michel Almairac a été un maître incroyable : généreux, curieux, rigoureux… Il faut gagner sa confiance et son enseignement. Il m’est arrivé de me tromper dans une pesée et j’ai dû retourner au laboratoire pour trouver mon erreur. Sa façon de formuler sans matières superflues est ce que nous essayons tous de faire, même si c’est compliqué en pratique.»

 

Les matières premières qui l’ont marquée

«La rose, car c’est une matière première magnifique et multifacette. Il y a autant d’odeurs que de variétés de roses. On peut la réinventer tous les jours. Il y a ensuite le cypriol, qui est comme un nouveau patchouli, avec un côté cuiré, un effet humide presque aquatique, épicé, fumé… Je les ai utilisés tous les deux dans La Nuit Trésor. Intégrer Firmenich m’a donné accès aux captifs, aux muscs et à toute une palette de naturels retravaillés avec une rigueur scientifique. J’ai redécouvert le jasmin, par exemple, qui n’a jamais été ma fleur préférée mais dont certaines facettes sont accentuées avec un côté vert, animal… J’avoue préférer les naturels aux synthétiques, peut-être à cause de ma formation.»

 

Les sources qui l’inspirent

«Ce sont principalement les matières elles-mêmes. Mes moments préférés sont les séances où nous évaluons les nouveaux ingrédients avec Fabrice Pellegrin, pour les naturels, et Pierre-Alain Blanc, pour les synthétiques. C’est une récréation, cela permet de penser à des associations inédites et d’imaginer comment jouer avec les facettes. Il y a évidemment les briefs, qui nous obligent à puiser dans notre mémoire. Mais ce sont surtout les accords qui m’obsèdent, il faut ensuite qu’ils rencontrent le bon projet.»

 

Les parfums qu’elle porte

«Jeune, j’ai porté Anaïs Anaïs puis, adolescente, Angel, de Mugler, tous deux créés par Olivier Cresp. Travailler sur l’eau de toilette a été magique et un peu stressant aussi à l’idée de toucher au mythe. J’ai aimé pas mal de masculins : Kenzo pour homme, Eau Sauvage de Dior… Aujourd’hui, c’est plutôt l’Eau de Rochas. Je réalise qu’il n’y a d’ailleurs aucun parfum à la rose, alors que j’en fais beaucoup porter aux autres !»

Son parcours

C’est grâce à sa mère, secrétaire chez Givaudan, qu’Amandine Marie découvre le métier de parfumeur. Après deux années de médecine, qui lui permettent d’acquérir des bases en chimie, et un stage d’été chez Givaudan, elle intègre l’Isipca en 1999. Robertet l’accueille en stage d’alternance et Amandine y rencontre Michel Almairac. Elle devient son assistante et son élève parfumeur. Cette collaboration durera plus de dix ans dans la maison grassoise avant son recrutement par Firmenich en 2011. Elle est l’auteur de Lui de Rochas (2003), Chloé (2008, avec Michel Almairac), Angel Eau de toilette de Thierry Mugler (2011), La Nuit Trésor (2015, avec Christophe Raynaud), Emozione de Salvatore Ferragamo (2015, avec Alberto Morillas), Rose Malaki de Chopard (2015).

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