Téléachat : les ambitions de QVC en France

©Marc Plantec

QVC parviendra-t-il à chan­ger l’image ringarde du télé­shopping en France ? Le géant américain (chiffre d’affaires 2014 : 8,8 milliards de dollars, soit environ 7,8 milliards d’euros), qui diffuse ses programmes auprès de 300 millions de foyers dans six pays (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Chine, Italie), arrive sur les petits écrans de l’Hexagone en août, deux mois après l’ouverture de son site marchand.
Au programme : 64 heures de direct par semaine, tournées dans un studio de la Plaine-Saint-Denis, en région parisienne. «Nous n’avons pas encore choisi les opérateurs du câble, du satellite et de l’ADSL avec qui nous travaillerons», déclarait en mai dernier Steve Bridgeman, directeur général de QVC France (130 collaborateurs basés à Aubervilliers), dont l’objectif est de toucher 13 millions de foyers. Une quinzaine de produits de beauté (essentiellement des marques de niche ou confidentielles), de mode ou pour la maison ainsi que des bijoux seront présentés en direct, chaque jour, pendant huit heures non-stop et douze heures le week-end. En outre, une méga-offre promotionnelle sera proposée chaque soir à minuit. La beauté représente actuellement 30% du chiffre d’affaires du groupe, la Grande-Bretagne étant l’un des plus gros vendeurs en soin et maquillage (50% du chiffre d’affaires total dans le pays).

Réveiller le téléshopping

Quelles sont les chances de réussite de QVC France ? «Le savoir-faire du groupe est indéniable. Il fait partie des dix premiers distributeurs américains, tous secteurs confondus, déclare Frank Rosenthal, spécialiste en marketing du commerce, c’est un expert de l’omnicanal et de l’audiovisuel.» Mais le chemin français est semé d’embûches. Le téléshopping a une image vieillotte. «C’est la télé de Pierre Bellemare. Par ailleurs, la culture américaine de survendre tout, toute la journée, ne correspond pas forcément aux habitudes de consommation française. S’il veut se différencier par des prix attractifs, la tâche sera dure car les prix sont déjà bien bataillés. QVC devra sans doute adapter son modèle aux particularités de notre pays.»

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