Les parfums ont une touche

Sur un marché du parfum qui manque d’élan, les maisons de composition affûtent leurs armes. Si les naturels sont l’image de marque de ce métier, les synthétiques restent le nerf de la guerre. Peu utilisées en communication, pénalisées par une image «chimique», ces matières sont pourtant, selon Mathilde Laurent, parfumeur Cartier, «les plus beaux artifices de la beauté». À ne pas opposer, dans une vision simpliste, aux fleurs et autres bois de la palette traditionnelle. On les retrouve derrière les plus grandes créations, de la fameuse Guerlinade à la calone d’Acqua Di Giò. Ces molécules, toujours osées, créent des familles olfactives, à l’instar de l’éthyl-maltol d’Angel qui lance la gourmandise. Celle-ci est devenue si incontournable que les nez font de plus en plus souvent le détour par la division arômes. Ainsi, pour créer Black Opium, Nathalie Lorson, parfumeur de l’année aux Oscars CosmétiqueMag, a travaillé avec les aromaticiens de Firmenich. Après les fruits, devenus des quasi-classiques, cette créativité – nouvelle pour la fine mais bien installée en parfumerie fonctionnelle – parle de Carambar, de pâtisserie, de fraises Tagada… Autant de fragrances régressives et réconfortantes. Ces notes gourmandes ont souvent un point commun, le long lasting, ainsi que le prouvent des jus comme La Vie est Belle. Le sillage dans la durée – si possible opulent – est redevenu une vertu essentielle. Pour autant, il n’y a pas de recette miracle – un ingrédient tenace ne garantit pas la diffusion et un jus frais peut tenir – et le sillage, qui diffuse l’accord clé du parfum, est souvent évalué après coup. Des molécules chimiques, qui boostent la créativité et permettent aux maisons de composition de se différencier les unes des autres, aux notes gourmandes issues des arômes, l’autre savoir-faire des géants du parfum, sans oublier ce fameux sillage, autant de pistes pour doper l’inventivité.

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