Maquillage : le nail art donne de la voix

Bourjois

Dispensant force tutoriels et conseils divers, les réseaux sociaux ont largement contribué à démocratiser le nail art, nouveau territoire d’expression, pour les consommatrices comme pour les marques.

Moins impliquant que le maquillage du visage, celui des ongles est devenu en quelques années le territoire favori des consommatrices pour tenter de nouvelles expériences. Osant des couleurs de plus en plus inattendues, à l’image du succès surprise du taupe 505 Particulière de Chanel en 2010, la fashionista s’est ensuite perfectionnée dans le dessin sur ongles. La multiplication des tutoriels sur Internet, qu’ils soient mis en ligne par des spécialistes ou des beauty addicts, a permis de démocratiser les gestes les plus sophistiqués et les motifs les plus fantaisie, tandis que les comptes Tumblr ou Instagram d’experts sont devenus des sources d’inspiration infinies. Les acteurs du maquillage ont su accompagner la tendance et ils proposent nombre d’outils en facilitant l’accès : patchs, kits, pinceaux optimisés, top coat à effets…

Une couleur vaut 1000 mots

Le lien entre vernis et digital s’est encore renforcé récemment. «Color is the universal language» clame désormais OPI dans sa nouvelle campagne. Prenant au pied de la lettre l’idée que la couleur des ongles est un moyen d’expression, la marque de Coty a imaginé une application pour smartphone innovante : «ColorChat», ou «comment parler en couleur». Elle permet aux utilisateurs d’échanger des messages codés où chaque caractère (140) est représenté par une nuance de vernis. Un joli buzz pour une marque qui s’est fait  connaître notamment à travers des noms de teintes à rallonge, souvent cryptiques (That’s hula-rious, Red is my cookie fortune, Hotter than you pink…). Chez Yves Rocher, le vernis  sert aussi à faire passer un message : renseigner sur l’humeur du jour. Disponible sur son site Internet, le «dico-vernis» #SpeakingColors propose des associations de deux ou trois couleurs auxquelles correspond un état d’esprit. Les références Citron et Iris signifient que celle qui les porte est #sportive, Cerise noire et Or pailleté envoient le message #single… Un code que la marque encourage à poster sur les réseaux sociaux à grands coups de hashtags.

Si le langage ongulaire n’est pas encore universel, pour la consommatrice, c’est avant tout le moyen de réveiller son look, même les plus sages. Alors que l’enseigne Abercrombie & Fitch vient enfin d’autoriser ses salariés à porter du vernis (à condition de se cantonner au style French manucure classique…), petit passage en revue des techniques qui sont entrées dans les mœurs grâce aux réseaux sociaux.

 

Le dessin

Grâce aux tutoriels des marques, les utilisatrices averties peuvent réaliser des effets perfectionnés à l’aide de dotting tools (Bourjois), de stripping tape (adhésif très fin et coloré, en vente principalement sur Internet), de pochoirs (le Smart Roller de Sephora) ou de kits d’impression (Express Nail Art Kit Stencil). Les autres choisissent les dessins à coller (Andrea Fulerton) et laissent le motif courir sur la peau, comme le suggère Bourjois, pour coller à la tendance tatouage.

 

La French bicolore

Dès 2010, avant le boom du nail art, Yves Saint Laurent proposait des duos de vernis pour réaliser des manucures empruntant la technique de la French mais dans deux couleurs radicalement différentes. Une méthode immédiatement adoptée par les blogueuses et qui  fait désormais partie des prestations classiques de salons comme Biguine Nails.

 

La Louboutin

Inspirée de la semelle rouge du célèbre chausseur, cette méthode a été remarquée en 2012 sur la chanteuse Adele aux Grammy Awards. Le principe est simple, puisqu’il s’agit de vernir le dessus et l’intérieur de l’ongle dans des couleurs différentes, idéalement du noir et du rouge. Christian Louboutin, qui s’est emparé de la tendance, a lancé sa ligne de vernis.

 

Le tie & dye

Il semble à première vue difficile à réaliser mais le lancement d’éponges dédiées chez Bourjois a rendu le concept plus accessible. Variante plus facile : le dégradé pailleté.

 

La 3D

Popularisée par Ciaté et sa Caviar Manucure en relief, la laque prend du volume. Strass, plumes, effet croco… Avec un peu de colle à faux ongles, tout est possible. Plus discrets, les patchs façon textile, lancés récemment chez Sephora, ou les top coat sable ou mats vus chez OPI donnent des effets de matière plus soft.

Les nail-stars des réseaux sociaux

Dans l’ombre des make-up artists, les nail artists ont trouvé sur Tumblr ou Instagram le moyen d’émerger, voire de créer un business.

 

La « Queen bee » : Jin Soon Choi

@jinsoonchoi

Baptisée «nail guru» par le New York Times, elle a créé une marque de vernis à son nom et des salons de manucure, fait des décryptages de tendances et œuvre sur les défilés.

 

La californienne : Karen Gutierrez

@karengnails

Elle est la manucure préférée des stars de Los Angeles (Selena Gomez, Eva Mendes…) qui l’appellent pour des clips, des films…

 

La new-yorkaise : Alicia Torello

@AliciaTnail

Elle est celle que les célébrités de la côte Est (Anne Hathaway, Jennifer Lawrence…) pour les grands soirs. Elle a été photographe avant de se reconvertir dans le nail art.

 

La frenchy : Lili Nguyen

@thisisvenice

Fondatrice de Venice – Pimp my nails, elle est active sur les réseaux sociaux, a écrit un livre (paru aux éditions Marabout) et ouvert son propre salon à Paris… Le tout en moins de 5 ans.

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