Salon : cinq tendances à suivre

Le salon international Cosmopack a rassemblé les spécialistes du packaging du 19 au 22 mars à Bologne, en Italie. Entre nouveautés et remises en avant, CosmétiqueMag a détecté cinq pistes prometteuses.

1/ S’inspirer du high-tech

La technologie commence à interférer avec la beauté. Au niveau du design, comme de la fonctionnalité. L’un des premiers lancements dans ce sens a été celui de Slidissime, par Promens, fin 2013. Ce pot airless invite à glisser le doigt sur l’opercule afin d’obtenir une dose de la formule. Un geste identique à celui effectué sur l’écran d’un smartphone. Chez Aptar, le slide est devenu le glide. Le fournisseur a inventé un système de diffusion pour aérosol qui s’utilise d’une seule main. Celui-ci se déverrouille en glissant le pouce de côté. Il révèle ainsi la buse, prête à l’emploi. Un geste très intuitif pour l’utilisateur. Le maltais Toly s’est quant à lui inspiré de l’apparence d’un autre appareil électronique pour son boîtier de maquillage Ultraslim, lancé fin 2014 et remis en avant à l’occasion de Cosmopack. Celui-ci reprend les codes des ordinateurs portables très fins. «Tout est une question de design, les consommateurs veulent montrer leurs produits lorsqu’ils s’en servent», affirme Gareth Dando, responsable marketing chez Toly. D’une épaisseur de 1,3 cm, ce pack compact peut contenir une à trois formules, accompagnées ou non d’un applicateur.

 

2/ Opter pour la praticité

La mobilité accrue des femmes a poussé le développement des solutions nomades. Souvent proposées dans un petit format pratique, elles se glissent dans le sac à main pour assurer une retouche en journée ou une routine beauté au cours d’un week-end. Pour une meilleure utilisation, les spécialistes du packaging ont conçu des emballages dotés d’un applicateur intégré. Déjà vus sur un certain nombre de soins (voir hors-série Soin n°8, p. 62), ceux-ci arrivent désormais sur d’autres catégories de produits. HCT a ainsi lancé une pompe airless de 15 ml en PETG, adaptée aux formules liquides des sérums mais aussi de certains blushs et fonds de teint. Elle est équipée d’une éponge ou d’une brosse à l’autre extrémité. Celle-ci est recouverte d’un capuchon, ce qui permet de la protéger et de présenter l’ensemble à la verticale. De son côté, Albéa a profité du salon pour lancer Cushion Tint. Ce crayon contient le bulk d’un côté et un embout en mousse de l’autre. L’idée : appliquer rouge à lèvres, ombre à paupières ou correcteur puis l’estomper pour obtenir un dégradé ou un effet nude. Le tout dans un esprit plus hygiénique.

 

3/ Façonner l’intérieur

L’industrie du verre a peut-être lancé le mouvement. Avec La Panthère de Cartier, on découvrait l’an dernier un premier flacon sculpté de l’intérieur par Pochet du Courval (groupe Pochet). Depuis, le verrier a également présenté Eole, une technique qui permet de dessiner la répartition du verre du fond de la bouteille. Pour sa part, Bormioli Luigi propose depuis plusieurs années de revêtir l’intérieur d’une couche colorée compatible avec le jus. L’idée de personnaliser la partie interne d’un packaging trouve aujourd’hui des échos ailleurs. Le fabricant Dieter Bakic a exposé sur son stand la version 15 ml de sa ligne airless Cosima. Pour mettre en avant ce flacon-pompe aux lignes courbes destiné à des formules liquides, il a mis l’accent sur le parachèvement. La cuve interne est personnalisable, notamment par sérigraphie ou métallisation. Couleur unie ou motifs, ce packaging haut de gamme change ainsi d’apparence. L’extérieur se décore aussi de bas en haut, col inclus.

 

4/ Réaliser un décor tactile

Séduire par la vue, mais aussi par le toucher. Les emballages deviennent de plus en plus polysensoriels et les prestataires multiplient les options de parachèvement, un moyen simple de modifier l’apparence d’un produit, pour animer une ligne. Lors du salon, Mega Airless a mis en avant son laquage à effet haptique (science du toucher, du grec «je touche»). Ses doseurs airless ont revêtu un habit de pierre rugueux, craquelé ou parsemé de gouttelettes, qui permet également de jouer sur les couleurs. Des résultats qu’il est possible d’avoir sur des petites surfaces. Geka a dévoilé une collection de quatre brosses à mascara à base de nouvelles fibres, contenues dans des flaconnettes ornées de formes dorées légèrement en relief. Un rendu obtenu par une sérigraphie en couches successives. Les effets tactiles sont réalisables sur tout type de matériau. Quadpack l’a prouvé en dévoilant des déclinaisons en bois de sa collection Q-Line. «Les marques avaient un peu peur d’opter pour le bois mais il donne un aspect premium, naturel et peut être personnalisé. C’est devenu une tendance et nous pensons qu’elle va rester», précise Sarah Eaves, chef d’équipe marketing chez Quadpack. Les étuis de rouge à lèvres et les compacts ont pris des couleurs et du relief grâce à la sérigraphie, la tampographie ou encore la gravure laser.

 

5/ Penser à l’environnement

Plus qu’une tendance, les solutions eco-friendly sont désormais un prérequis. Presque tous les fabricants multiplient les alternatives responsables, qui reposent par exemple sur l’utilisation de matières recyclées ou recyclables. Pour qu’un produit puisse être déposé dans la poubelle jaune, il doit se composer d’un seul matériau. Une contrainte que les prestataires prennent en compte. Mktg Industry, société italienne créée en 2014, a présenté la Petite Boîte à Beauté, une collection d’emballages en carton recyclé, destinée aux poudres pressées ou cuites et aux formules coulées. Elle se compose de deux boîtiers compacts ainsi que d’une palette, disponibles avec une fermeture magnétique ou un couvercle. La création de solutions plus respectueuses de l’environnement passe aussi par le développement de nouvelles matières. Lumson propose à ses clients d’opter pour du Polyéthylène vert (Green PE). Il peut réaliser ses références standards dans ce matériau issu de l’éthanol, un alcool obtenu à partir de la canne à sucre. Ses propriétés sont identiques à celles du PE traditionnel, mais il a la particularité d’absorber du CO2 présent dans l’atmosphère au cours de sa production.

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