Rouges à lèvres : le mat joue sur du velours

© bourjois

Confortables et veloutées, les formules des nouveaux rouges mats ne dessèchent plus les lèvres.

«Les mats reviennent une nouvelle fois en force», constate Florence Lefeuvre, directrice commerciale, marketing et communication du groupe Alkos. En effet, cette texture de rouge à lèvres fait un come-back dans des déclinaisons estampillées «velours» des classiques satinés, tels que le Rouge Allure Velvet de Chanel. L’intérêt des consommatrices et des marques pour ce type de rendu n’a jamais disparu, mais il a longtemps été pénalisé par son manque de confort. Aujourd’hui, les fards mats se font oublier et le changement est réel. «Non seulement ils sont plus sensoriels que la précédente vague mais surtout, ils sont bien plus confortables», poursuit Florence Lefeuvre. L’inconfort a été balayé, compensé par la sensorialité, grâce à un film très fin que l’on oublie. C’est le cas du Rouge Edition Velvet de Bourjois, qui joue sur une texture liquide, conditionné comme un gloss, pour un rendu à la fois couvrant et léger.

Des formules abouties

Le sous-traitant Strand Cosmetics a créé le Matistick, dont la formule est le fruit de deux années de recherche et d’un screening rigoureux. «Nous avons beaucoup travaillé sur la sélection des matières auprès de nos fournisseurs», explique Emmanuelle Couval, directrice R&D chez Strand Cosmetics Europe. Il a fallu ensuite trouver un équilibre entre les émollients, les cires et les poudres. Pour remporter ce pari, Strand a mis au point un velvet complex, composé d’un ester semi-végétal et d’une gomme de silicone. «Nous avons aussi ajouté de la poudre de nylon, qui a le pouvoir de rouler sur les lèvres et de parfaire le fini», poursuit Emmanuelle Couval. Des pigments purs complètent la formule pour proposer le Matistick en quatre couleurs intenses. Car il faut aussi répondre aux attentes de couvrance, de profondeur et d’intensité.

ABC Texture s’est imposé de travailler une formule mate sans silicones, ni huiles volatiles. «La difficulté est alors de réussir à apporter tout de même le soyeux et le matifiant recherchés, explique Louisette Bourdin, sa présidente. Il faut trouver le bon ratio entre les esters, les cires et les huiles afin de procurer au bâton de rouge ses propriétés no transfer et mate.» Le raisin développé par ABC Texture présente aussi l’avantage de se passer de pack étanche, avec une répercussion avantageuse sur le coût du produit.

Assurer les propriétés

Le groupe Alkos, quant à lui, a «commencé à travailler la matité avec un crayon plastique jumbo, façon la plus simple de garantir l’étanchéité des textures», explique Florence Lefeuvre. Le Matte & long lasting veil, très longue tenue et no transfer, ou le Studio lipstick, ultra-pigmenté et au rendu velouté, ont été transposés dans une gestuelle twist. «C’est une belle innovation, qui allie l’application d’un rouge à lèvres à la facilité d’emploi d’un crayon, poursuit-elle. Pourtant, il n’est pas facile de couler ce type de produit.» En effet, «en fonction des conditions de coulage, on obtient des résultats très différents en termes de texture», confirme Emmanuelle Couval.

Comme tout ce qui est dans l’air du temps, le mat fait écho à la tendance qui lui est opposée : celle des vernis à lèvres. Là, le défi est de réussir à produire un film ultra-fin qui maintienne l’hydratation des lèvres. Et cette fois encore, «le maître mot est le confort, martèle Florence Lefeuvre. Ce n’est plus une option.»

Facebook
Twitter