Réglementation : ok China ?

Le blocage réglementaire chinois, qui interdit l’entrée sur le marché de nouveaux ingrédients cosmétiques, passe le cap des cinq ans. Un anniversaire dont l’industrie se serait bien passée et qui est toujours d’actualité, tant la question «Ok China ?» revient dans toutes les discussions dès qu’il s’agit de formulation. La situation ne semble pas évoluer malgré la transformation, en 2013, de la State food and drug administration (SFDA), devenue la China food and drug administration (CFDA). Cela a permis à l’organisme de monter en puissance et de passer «à un niveau ministériel», ajoute Virginie d’Enfert, directrice des affaires économiques, environnementales et internationales de la Febea.
D’un point de vue concret, le changement a eu lieu en juin 2014 avec une nouvelle liste d’ingrédients autorisés, l’«Inventory of Existing Cosmetic Ingredients in China» (IECIC) qui inclut 8 203 matières premières, classées par leur nom INCI* anglais. «Cette liste a le mérite de clarifier la situation car elle rassemble les ingrédients actuellement autorisés sur le marché chinois, explique la spécialiste. Par rapport à l’ancienne version, près de 3000 matières qui pouvaient être potentiellement utilisées dans de nouveaux produits par l’industrie ont été supprimées.»
Depuis 2010, seuls quatre nouveaux ingrédients ont été enregistrés par les autorités et les procédures restent compliquées, sans garantie d’aboutir. «Il faut sans cesse répondre aux questions de commissions d’experts, alimenter les autorités en informations et accepter un processus très long», énumère Virginie d’Enfert. Si la Febea et Cosmetics Europe dialoguent avec la Chine sur ce problème qui coupe le consommateur local de l’innovation, aucune solution n’est pour le moment trouvée. Une révision de la liste, si elle devait avoir lieu, ne se fera pas avant plusieurs mois, voire des années.

Un dialogue difficile

Discuter avec la Chine semble  compliqué quel que soit le cas de figure. La Cosmetic Valley en sait quelque chose, notamment avec le projet Kunming, un «Grasse à la chinoise» qui devait prendre place dans le Yunnan. Lancé en grande pompe en 2013 à l’initiative du gouvernement de l’empire du milieu, avec plusieurs partenaires français, il est aujourd’hui au point mort. «Nous n’avons pas trouvé d’interlocuteur concret», admet Jean-Luc Ansel, directeur général de la Cosmetic Valley. Déçu, mais pas découragé, le pôle de compétitivité poursuit toutefois ses partenariats en Chine, mais «avec des professionnels, clients ou distributeurs, ajoute Jean-Luc Ansel. Nous cherchons aussi des collaborations scientifiques avec des laboratoires complémentaires à nos domaines d’excellence territoriaux».

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