Réglementation : la responsabilité tirée au «Clear»

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La responsabilité est un métier… Cette activité a émergé en même temps que le Règlement 1223/2009, appliqué depuis juillet 2013. En effet, parmi les nouvelles contraintes de cette réglementation, il y a celle de désigner une personne, physique ou morale, qui prendra la responsabilité de la mise sur le marché des produits. Encore faut-il avoir les compétences nécessaires pour le faire et c’est l’un des services que propose le cabinet Clear. Fondé par des experts toxicologues et juristes, Franck Chevasson et Jean-Louis Fiacre, celui-ci représente en France des marques étrangères comme Marc Jacobs Beauty ou Formula X, toutes deux chez Kendo (LVMH), mais aussi des griffes françaises de prêt-à-porter (Etam), des distributeurs (Nocibé)…

Un censeur au quotidien

L’intérêt pour les marques non-européennes, peu familières avec les spécificités de notre législation, est évident. Mais pourquoi des clients français ? «Ces entreprises ne souhaitent pas se staffer au niveau réglementaire, explique Jean-Louis Fiacre, managing partner de Clear.Quelques-unes, qui ne sont pas issues du secteur cosmétique, ont développé une gamme de produits et préfèrent externaliser certaines compétences.» Pour cet expert, devenir personne responsable, «c’est envisager tous les schémas et gérer les risques». Il résume son métier comme celui d’un censeur au quotidien. En priorité, bien sûr, il faut éviter les incidents sanitaires, mais des erreurs moins graves, comme une surpromesse publicitaire ou un mauvais étiquetage, peuvent être aussi préjudiciables commercialement. Et comment faire comprendre à un Américain que «non testé sur animaux» n’est pas un avantage concurrentiel en Europe ? D’où la nécessité de travailler très en amont. «Le pire des scénarios est de s’apercevoir d’un problème trois semaines avant l’arrivée du produit en rayon, ajoute Jean-Louis Fiacre. Il est difficile d’avoir le recul nécessaire pour stopper la mise sur le marché de son propre produit.» Et de suivre au jour le jour les évolutions réglementaires. Clear est inscrit à la Febea «afin de participer aux échanges et être au point sur les modifications». D’autant que le cabinet évolue lui aussi. Il a ouvert un bureau à Hong Kong et s’installera fin 2015 à San Francisco, la Californie étant une pépinière de jeunes entreprises intéressantes.
Clear démarre par ailleurs une nouvelle activité : le clés-en-main, avec la création de produits de beauté. «Au-delà de la personne responsable, nous pouvons plus simplement combler les trous en matière réglementaire ou, au contraire, proposer aux sociétés un service complet qui va jusqu’à trouver les bons sous-traitants», explique le dirigeant. C’est ainsi qu’il fait jouer son réseau pour développer des gammes de cosmétiques pour des marques de textile. De la contrainte peut naître la créativité.

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