Minceur : la cellulite dans le viseur

La perte centimétrique n’est plus la première demande des consommatrices en quête de minceur. Elles veulent aussi une belle qualité de peau, et une cellulite gommée.

Elles ont changé la donne : Kim Kardashian, Beyoncé… Des femmes pulpeuses, mais aux courbes toniques, fermes et lisses. Si la perte de centimètres sur le tour de hanches, de cuisses ou de taille reste d’actualité, les produits revendiquant une action sur l’aspect des capitons et, plus globalement, sur la qualité de la peau ont aussi le vent en poupe. Des promesses souvent portées par une galénique huile : chez Le Petit Marseillais avec deux versions de l’Huile anti-cellulite, chez Clarins avec son Huile tonic (un classique) ou, dernièrement, chez Biotherm avec Body Refirm et sa formule à l’astaxanthine. La prédominance de cette texture s’explique simplement : elle favorise le massage, geste essentiel pour diminuer l’aspect peau d’orange.
«Minceur et fermeté ne doivent pas être dissociées», rappelle Madie Fanguin, chef de projet technico-marketing chez Pierre Fabre, qui commercialise le spécialiste du corps en pharmacie, Elancyl. Certains fournisseurs de matières premières mettent donc en avant les multiples propriétés de leurs actifs, à la fois amincissants et tonifiants. Sur ce segment, le suisse Mibelle Biochemistry propose l’Iso-Slim Complex. «La molécule principale est la génistéine, qui va inhiber la différenciation des préadipocytes en adipocytes, les cellules du tissu adipeux dans l’hypoderme, développe Élodie Mauger, international sales and product manager. En limitant leur formation et leur multiplication, on limite le stockage.» Par ailleurs, la génistéine agit sur la qualité de la peau. «En stimulant la synthèse de collagène, elle va épaissir le derme, ce qui va permettre de contenir le gonflement des adipocytes», poursuit Élodie Mauger.
Attaquer en amont de la pré-différenciation des adipocytes est également l’angle de Solabia. Son Slimastevia se positionne sur le segment anticellulite car, selon le producteur, il s’agit du signe d’un équilibre rompu entre lipogenèse et lipolyse. Obtenu à partir d’une extraction aqueuse de feuilles de maté et de stévia, cet ingrédient opère à trois niveaux : l’inhibition de la différenciation pré-adipocytaire, la limitation de l’entrée des acides gras dans les adipocytes et la stimulation de la lipolyse. Cette dernière action, souvent revendiquée dans les soins minceur, est intéressante pour éviter la peau d’orange car elle intervient sur le volume des cellules des tissus adipeux. C’est d’ailleurs l’objectif du Delipidol, aussi au catalogue de Solabia. Il a été obtenu à partir d’acide punicique, acide gras de la famille des omégas 5 issu de l’huile de pépins de grenade, et du tyrosol, une molécule antioxydante. Les essais ont prouvé qu’il réduisait le volume des adipocytes, lissant ainsi les capitons.

Booster le collagène et l’élastine

En 2010, le groupe Pierre Fabre a mené une série de tests sur son extrait de lierre, ingrédient drainant classique de son catalogue, mettant en évidence plusieurs actions sur la fermeté. «Le collagène, qui assure la densité du matelas cutané dans le derme, est dégradé par des métalloprotéases», explique Madie Fanguin. Le lierre va, entre autres, inhiber l’action de ces protéases et stimuler la synthèse d’élastine. Le travail sur l’élasticité de la peau peut se ressentir jusque dans l’hypoderme, sur les septa. Ces dernières forment des cloisons, constituées justement de collagène et d’élastine, qui divisent l’hypoderme. S’ils grossissaient, les adipocytes comprimés par les septa provoqueraient un regrettable aspect capitonné.
Les formules minceur sont souvent complétées par des antioxydants, les radicaux libres étant les principaux responsables de la destruction des fibres de collagène et d’élastine. Comme dans un soin visage ! En effet, ces fibres de la matrice extra-cellulaire sécrétées par les fibroblastes sont des éléments clés de la tonification de la peau, ce qui crée des passerelles intéressantes entre anti-âge et minceur. Le dernier lancement minceur d’Elancyl, le Cellu-Slim 45+, cible la silhouette, mais en prenant en compte les signes de l’âge grâce à un extrait redensifiant de pomme qui va «reformer un maillage dermique plus tonique», expose Madie Fanguin.

Du visage au corps, et l’inverse

«Cet effet redensifiant est recherché aussi bien sur le visage que sur le corps», raconte Élodie Mauger. Cette dernière évoque le PhytoCellTec Argan, un actif issu des cellules souches de l’arganier, qui répond aussi bien au cahier des charges de l’anti-âge visage qu’à celui des soins anticellulite. «Les tests ont démontré sa capacité à vitaliser les cellules souches dermiques qui génèrent notamment de nouveaux fibroblastes, rapporte la responsable. Au final, on obtient une redensification du derme qui procure un résultat antirides sur la patte d’oie et conduit à une séparation entre derme et hypoderme beaucoup plus nette sur les cuisses de volontaires présentant de la cellulite.»
De nombreux fournisseurs conçoivent donc des ingrédients intervenant sur la synthèse de fibres densifiantes, charge à eux de se différencier sur le marché. Nocturshape blue ingredient de l’espagnol Lipotec travaille la nuit, en fonction des rythmes circadiens. Ce composant réduit l’expression d’un gène dans les adipocytes qui s’intensifie habituellement pendant le sommeil. Il diminue le stockage des lipides tout en stimulant la synthèse de collagène 1 dans la matrice extra-cellulaire, lissant la cellulite.
Faire un trickle down en appliquant au corps les actifs du visage est devenu courant. Chez Nivea, ces deux zones cibles ont une même réponse : le Q10. Lancé à l’origine pour le visage, l’ingrédient star de la marque allemande est décliné dans la ligne raffermissante. Le dernier lancement permet même de mettre en avant un autre savoir-faire propre à Beiersdorf, l’hydro-dispersion, qui a servi à créer le lait corps sous la douche. Dans la formule, le coenzyme Q10, présent sous forme de perles massantes, est utilisé pour favoriser la fermeté et l’élasticité de la peau.
L’inverse est plus surprenant, mais il existe. La renommée de l’anti-âge StriVectin repose sur une mauvaise utilisation de son soin antivergetures, appliqué sur le visage. Dernièrement, c’est BASF qui a positionné sur le visage, pour en restaurer l’ovale, son Slim-Excess, qui agit sur les mécanismes de la lipolyse, de la lipogenèse et de la prédifférenciation adipocytaire. Quelle que soit la zone, l’effet de la gravité sur la peau est le même.

La caféine superstar

Actif minceur de référence, à l’efficacité testée et retestée, on la retrouve dans tous les produits minceur. Ce succès s’explique par son pouvoir sur la lipolyse, soit le déstockage des graisses. Si la caféine reste présente dans de nombreuses formules, certains admettent que la course à la forte concentration n’est plus d’actualité. Les experts estiment, à la suite d’études sur la biodispo-nibilité, que moins de 5% dans une formule suffisent. Au-delà, un effet palier la rend inefficace. Pour la R&D de Pierre Fabre, «il existe plusieurs types de graisses stockées dans les adipocytes et nous avons mis en avant que la caféine était surtout efficace sur les diglycérides, expose Madie Fanguin. Les triglycérides y sont plutôt résistants et nous avons conçu notre actif, le Cécropia, justement pour transformer les triglycérides en diglycérides, afin que la caféine prenne le relais.»

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