International : New York aux avant-postes

©CO Bigelow

À côté des grands magasins et des locomotives d’enseignes très selects, de petites boutiques attirent les connaisseurs et font le buzz grâce à leur sélection pointue.

1/ Co Bigelow

L’apothicaire à l’écoute des clients

Héritier de CO Bigelow Apothecaries, une pharmacie familiale indépendante du Village, où Mark Twain et Eleanor Roosevelt eurent leurs habitudes, Ian Ginsberg n’a guère apprécié l’arrivée des grosses chaînes CVS, Duane Reade ou Rite Aid sur son territoire. «C’était dans les années 80, se souvient le quinquagénaire, fier représentant de la troisième génération Ginsberg, à la tête de l’officine de la 6e avenue. Nous ne pouvions pas les concurrencer sur les prix. Nous allions donc mourir, à moins de produire quelque chose que ces grands n’avaient pas. Et de conclure : Notre atout, c’est l’expérience. Nous sommes là depuis 1838, CO Bigelow est le plus vieil apothicaire aux États-Unis. Nous savons écouter le client, lui parler, l’aider à se sentir mieux.» Les 50 salariés de l’officine savent que les consommateurs viennent pour sa sélection de «marques rares» présentées dans un «chaos organisé». On y trouve la poudre T.Leclerc, le déodorant Bloc Hyalin, les bougies Diptyque et Hôtel Costes, le maquillage By Terry, les soins Foucaud et Sampar, les parfums Maison Francis Kurkdjian, Juliette Has a Gun… Mais aussi une gamme en propre. En 2003, la PME s’est alliée à la chaîne Bath & Body Works, propriété de Limited. Avec son aide, elle a conçu une ligne de 200 produits. Vendus chez Bath & Body Works, ils sont également dans les hôtels Accor, chez Liberty à Londres et… chez Colette, à Paris.

 

2/ Aedes de Venustas

La référence pour les parfums précieux

Ce boudoir de 50 m² se veut chaleureux et luxueux. Ses fondateurs Karl Bradl et Robert Gerstner ont voulu créer un petit espace nostalgique du XIXe siècle avec de lourds rideaux en velours rouge, des bouquets de branches en fleurs et des meubles anciens sur lesquels repose leur sélection de parfums rares et de bougies. Aedes de Venustas propose ainsi 3 000 références de niche, toutes très chères. Robert Gerstner se flatte d’être l’un des rares à vendre des parfums Frédéric Malle, Serge Lutens, Diptyque, Annick Goutal… Il déclare aussi avoir mis sur pied une collaboration exclusive dans le monde avec L’Artisan Parfumeur et avoue un faible pour les senteurs françaises. Poussant jusqu’au bout la démarche, Aedes de Venustas dispose depuis quelques années de sa propre eau de parfum. Les amateurs, s’ils habitent aux États-Unis, peuvent commander leurs jus préférés sur le site aedes.com. Comble du raffinement, le paquet cadeau pourra, contre un supplément, être orné de fleurs fraîches.

 

3/ Birchbox

La version tangible du pure player

La boutique Birchbox du quartier de Soho est la toute première «en dur» de la start-up du Web qui, depuis quatre ans, envoie des boîtes d’échantillons à ses 800 000 abonnées. Cette fois-ci, l’espace de 405 m² met à disposition 2000 références. Mais les deux fondatrices, Katia Beauchamp et Hayley Barna, ont voulu garder le côté ludique de l’aventure. La cliente entre dans un magasin au parquet et aux murs blancs égayés de touches rose fuchsia. Organisés par type d’usage, les produits sont disposés le long du mur sur des étagères claires. On trouve par ailleurs un coin brosses, puis un carré maquillage, soins pour la peau… Juste en face, des petits bars permettent de tester rouges à lèvres, brosses à cheveux… Et au fond de la boutique, les clientes peuvent assembler leur propre boîte d’échantillons.

 

4/ Shen Beauty

Le sanctuaire des marques naturelles

Plantée dans le quartier branché de Brooklyn, la petite boutique Shen – «protection éternelle de la terre» en arabe, selon Jessica Richards, sa fondatrice – s’organise sur 100 m2. Cette Californienne égarée à New York n’arrivait pas à trouver de magasin de beauté le jour où, justement, elle en avait besoin. Shen se veut donc un sanctuaire pour les marques de niche naturelles et bio. Baignée au maximum de lumière naturelle, la boutique comprend une centaine de marques difficiles à trouver aux États-Unis. Il en est ainsi du sérum anglais Amanda Lacey, des rouges à lèvres Troi Ollivierre, des masques et produits pour le bain Pursoma, des huiles Kate Logan… Le tout est présenté dans un décor clair – parquet blanc, étagères immaculées – agrémenté de grands bouquets de fleurs. Quelques Frenchies se sont glissées dans la sélection: les rouges by Terry, les savons de la Compagnie de Provence, Comptoir Sud Pacifique, l’éditeur de parfums Lothantique et les fragrances Juliette Has a Gun.   

 

5/ New London Pharmacy

Un service aux petits soins

Ce comptoir d’apothicaire de 315 m², créé en 1960, est l’une des destinations préférées des coiffeurs, modèles et artistes du quartier de Chelsea. Wesley Rowell, responsable marketing des lieux, promet un service «étonnant». New London, qui réalise 65% de son chiffre d’affaires dans la beauté, propose des livraisons gratuites à New York, tandis que ses vendeurs peuvent répondre en espagnol, italien, grec, coréen, chinois, hindi et hébreu à leurs interlocuteurs. Ils distribuent généreusement des échantillons pour tester les produits et organisent chaque semaine des rencontres vin et snack autour d’un nouveau parfum ou de soins pour les cheveux. New London est connu pour ses marques cultes, la pommade australienne Luca’s Papaw, l’allemande Julisis, l’huile africaine Marula Secrets, la marocaine Kahina et quelques américaines Egyptian Magic, GlamGlow, Rodin Oil. Les experts de New London apprécient aussi les griffes françaises : Maison Francis Kurkdjian, État Libre d’Orange, L’Artisan Parfumeur, Bioderma, Homéoplasmine, Histoires de Parfums, Révérence de Bastien et Elnett…

 

6/ Clyde’s

La visite obligée sur l’avenue Madison

Établie sur 3150m², la pharmacie Clyde’s se présente comme un «mini grand magasin de la beauté». Plus de 50% de ses ventes sont en effet consacrées aux cosmétiques, présentés dans un espace contemporain, plein de miroirs et de comptoirs spécialisés. Les touristes (20% de la clientèle) et les habitantes du quartier ultra-chic s’y font épiler les sourcils, fréquentent assidûment le bar à ongles et peuvent s’offrir les services d’un maquilleur professionnel. Même les hommes ont leur espace réservé pour le rasage, les cheveux et les soins du visage. La réputation de Clyde’s, à l’angle de la 74e rue, repose sur un certain nombre d’exclusivités telles que les soins pour la peau Immunocologie et Youngblood, les fonds de teint Becca Cosmetics, la marque italienne Comfort Zone. Clyde’s propose aussi une large offre de marques françaises : Guinot, Caudalie, La Roche-Posay, L’Artisan parfumeur, Guerlain, By Terry…

Six adresses qui comptent en beauté

– Co Bigelow, 414 Avenue of the Americas (6th Avenue)

– Aedes de Venustas, 9 Christopher street

– Birchbox, 433 West Broadway

– Shen Beauty, 315 Court Street, Brooklyn

– New London Pharmacy, 246 8th Avenue

– Clyde’s, 926 Madison avenue

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