Fête des pères : le jeu des huit profils

Pour choisir le parfum masculin qui fera vraiment plaisir, il est nécessaire de cerner au plus près la personnalité de celui qui le portera. Un exercice délicat, décrypté par des experts.

L’ENJEU

À l’occasion de la fête des pères, établir le profil de celui qui se verra offrir un parfum aide ses proches à faire leur choix. Mais, pour taper dans le mille, il faut croiser des critères tant physiques (âge, condition sportive…) que psychologiques, combinant ce qu’est réellement l’individu et ce qu’il aimerait être. «Par-delà les différences, le marché masculin est porteur de stéréotypes visant tous à rassurer l’homme sur sa virilité», souligne Benjamin Smadja, directeur marketing d’Aufeminin.com. L’image de l’homme véhiculée par les marques n’a guère évolué depuis des années : virilité, aventure, pouvoir et séduction demeurent des incontournables. À l’exception de Chrome d’Azzaro, dont le spot met en scène un père et son fils, la paternité est absente des communications. C’est sur le seul contenu des flacons que se profile l’innovation. «Depuis l’an dernier, on constate une multiplication de notes à connotation exotique ou crémeuse, naguère l’apanage du féminin», estime Aurélie Dematons, fondatrice du Musc & la Plume, agence de conseil en création de parfums.

En quelques minutes, la conseillère doit se procurer toutes les données lui permettant de cerner au mieux la personne et les analyser à bon escient. Le tout sans donner l’impression de caricaturer. Un défi qui nécessite du tact, doublé d’une excellente connaissance de l’offre parfums.

Aurélie Dematons préconise de se limiter à trois questions. «Il peut s’agir d’interrogations directes : “Quels sont les parfums qu’il a déjà portés ? ses centres d’intérêt, ses hobbies ? sa façon de s’habiller ? », énumère-t-elle. Mais la conseillère peut aussi jouer sur le second degré et l’humour, avec des questions du type : “Quelle est son émission préférée ?”.Ou encore, “qu’est-ce que votre époux/père rêverait d’être ? », « à quels héros s’identifie-t-il ? »» Pour Benjamin Smadja, mieux vaut privilégier les questions ouvertes, afin d’aller au-delà des stéréotypes. «On peut demander en quelles occasions le monsieur porte du parfum (au travail, après le sport, en soirée…), précise-t-il. Dans tous les cas, éviter d’émettre un jugement.» Aurélie Dematons renchérit : «Proposer au moins trois parfums, en allant crescendo dans les niveaux de fraîcheur, et ne pas oublier de parler du coffret s’il existe». Et elle donne des clés pour identifier le portrait olfactif de ces différents types de père. Sept profils de consommateurs qui doivent aider à conseiller le bon parfum.

 

LES HUIT GENRES 

• Le jeune urbain

Dynamique, ambitieux, hyperconnecté.

Son profil vestimentaire : costume-cravate, casual chic.

Ses familles de prédilection : fougères, boisés, hespéridés.

Ses parfums : Invictus (Paco Rabanne), Luna Rossa (Prada), Givenchy Gentleman, L!ve (Lacoste), Hugo (Hugo Boss), Bleu de Chanel…

«Ce type d’homme se retrouvera aussi dans Armani Code, L’Homme (Yves Saint Laurent), Cool Water (Davidoff), Acqua Di Giò (Armani) ou L’homme Idéal (Guerlain)», complète Frédéric Girard, directeur de Season One, agence de planning stratégique spécialiste du luxe et des parfums.

• Le sportif

Toujours en mouvement.

Son profil vestimentaire : jean, baskets.

Ses familles de prédilection : hespéridés, aromatiques.

Ses parfums : Homme Sport (Dior), Extreme Sport (Paul Smith), Homme Sport (Kenzo)…

Frédéric Girard distingue une sous-famille «Sport chic», à qui pourraient convenir Light Blue (Dolce & Gabbana) ou Allure Homme Sport (Chanel).

• Le classique

Viril, mûr, classique.

Son profil vestimentaire : costume chic.

Ses familles de prédilection : boisés, hespéridés, fougères.

Ses parfums : Eau Sauvage (Dior), Dior Homme, Habit Rouge (Guerlain),
Azzaro pour Homme, Terre d’Hermès, Grey Vetiver (Tom Ford)…

Autant d’intemporels auxquels Frédéric Girard ajoute Égoïste (Chanel), Lacoste L12-12 et tous les parfums dits «de niche». «Ces fragrances vantent l’authentique, l’élégance naturelle, l’indétrônable masculin. Ce qui se traduit olfactivement par les archétypes de la masculinité : vétiver, patchouli, tabac…», précise Fabrice Pellegrin, parfumeur chez Firmenich.

• Le dandy

Elégant, sensuel, séducteur.

Son profil vestimentaire : une tenue apprêtée, impeccable.

Ses familles de prédilection : orientaux, boisés, gourmands.

Ses parfums : La Nuit de l’Homme (YSL), Uomo (Valentino), Armani Code, Cuir Cannage (Dior)…

Et pour les séducteurs, Frédéric Girard suggère The One (Dolce & Gabbana), Guilty (Gucci) et Le Mâle (Gaultier).

• Le nature

Doux, rêveur, responsable.

Son profil vestimentaire : un look non travaillé.

Ses familles de prédilection : hespéridés, verts, aromatiques.

Ses parfums : Cologne (Mugler), Mer & Mistral (L’Occitane). «Ce type d’homme se parfume peu : miser sur les produits dérivés tels que les déos ou les savons», conseille Aurélie Dematons.

• Le rebelle

Bad boy, anticonformiste.

Son profil vestimentaire : jean, perfecto, tatouages.

Ses familles de prédilection : fougères, orientaux, gourmands.

Ses parfums : Only the Brave, Only the Brave Wild ou Fuel For Life (Diesel), 1 Million (Paco Rabanne), Brit Rhythm (Burberry), Spicebomb (Viktor & Rolf)… «Et pour ceux qui n’hésitent pas à casser les codes, on peut conseiller le nouveau Smoke for the Soul, by Kilian, élaboré autour d’un accord cannabis-absinthe», sourit Frédéric Girard.

• Le hipster

Urbain, connecté, sensible.

Son profil vestimentaire : chemise à carreaux et bien sûr, la barbe.

Ses familles de prédilection : boisés, cuirs.

Ses parfums : Bulgari Man in Black, For Him (Narciso Rodriguez).

• Le normcore

Discret, perfectionniste, exigeant.

Son profil vestimentaire : un «no look» apparent, en fait hyper travaillé.

Sa famille de prédilection : colognes.

Ses parfums : Cologne (Mugler), État Libre d’Orange, L’Eau d’Hermès, L’Eau de Gaga.

Pour une approche encore plus fine

Autre piste pour conseiller un parfum, un peu de psychologie. Amandine Vepierre, directrice associée marketing fine fragrance chez Firmenich, distingue ainsi trois types d’homme et les parfums qui leur conviennent.

• L’instinctif, qui fonctionne au coup de cœur. Sa famille ? Des notes assez brutes, sensuelles et affirmées, que l’on retrouve notamment dans Patchouli Absolu (Tom Ford).

• L’hédoniste, attaché à jouir de tout sans concession. Sa famille ? Des notes contrastées, bipolaires, qui oscillent entre fraîcheur et sensualité. Ses parfums ? Armani Code Ice ou Michael Kors For Men.

• Le nostalgique, toujours tourné vers sa jeunesse. Sa famille ? Des notes gourmandes et régressives. Son parfum ? Black XS L’Excès (Paco Rabanne). «Et pour les hommes qui vivent leur vie à 200%, ne pas oublier les gammes “intenses”, présentes dans diverses marques (Ralph Lauren, Givenchy, Dior, Armani…)», ajoute Éric Briones, planneur stratégique spécialisé dans le luxe et la beauté.

 

Les points à retenir

• Pour proposer le parfum adéquat, la technique du «profilage» semble pertinente, les fragrances masculines se caractérisant par des stéréotypes assez marqués.

• Les catégories les plus aisément identifiables reposent sur le look, l’activité professionnelle et les hobbies. Mais on peut aussi croiser ces aspects avec une typologie plus «psy». Pour amener ses questions, la conseillère doit se livrer à un petit travail d’enquête, sans donner l’impression d’enfermer le client dans des cases et en laissant le maximum de libre arbitre à l’acheteur(euse).

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