Capillaires : le low-poo shampouine sans mousse

Gestuelle novatrice, actifs moins agressifs, respect du cuir chevelu : les low-poo et cleansing conditioners renouvellent le segment du shampooing.

Issus d’une tendance venue des États-Unis, les nettoyants capillaires connus sous le nom de low-poo ou cleansing conditioners (après-shampooings lavants) débarquent en France. Ils s’inscrivent dans la mouvance du retour au naturel et du courant «no poo» (de «no shampoo»), qui prône de ne plus utiliser de shampooing mais des substituts moins agressifs. Ces nettoyants d’un nouveau genre ont pour objectifs d’espacer les lavages, de réguler la production de sébum du cuir chevelu et de nettoyer en douceur. Pour parvenir à ce type de formule, hybride entre le shampooing et le soin, les industriels de la cosmétique ont bousculé les prérequis traditionnels du segment capillaire.
Le principal changement réside sans doute le fait que les low-poo et les cleansing conditioners… ne moussent pas. Dans l’imaginaire collectif, c’est pourtant synonyme d’efficacité. Patrick Canivet, directeur technique L’Oréal Produits professionnels, tranche : «Pouvoirs moussants et lavants n’ont aucun lien !». Les habitudes peuvent toutefois être tenaces et l’absence de mousse, déstabilisante pour les consommateurs. «Il s’agit d’un geste différent, reconnaît Xavier Ormancey, directeur recherche et développement chez Yves Rocher. Nous avons d’ailleurs présenté notre low-poo, la Crème lavante délicate, comme un shampooing non moussant.»

Des tensioactifs différents

Classiquement, le pouvoir lavant est conféré par les tensioactifs anioniques, comme le laurylsulfate de sodium, l’un des plus populaires. «Certains peuvent être considérés comme agressifs, explique Xavier Ormancey. Les low-poo étant censés être des formules douces, nous avons donc privilégié des agents dérivés de sucre.» La Crème lavante délicate lancée par Yves Rocher en mars dernier est «un shampooing plus soyeux, qui n’ouvre pas les écailles et aide le cuir chevelu à se rééquilibrer», détaille Xavier Ormancey. La marque professionnelle Matrix (L’Oréal Produits professionnels) a sorti, elle, trois cleansing conditioners au sein de la gamme Biolage sur le marché français en mai. «Leur formulation a impliqué de trouver le bon tensioactif anionique, le sodium cocoamphopropionate, qui puisse laver sans agresser, tout en étant compatible avec les agents traitants», souligne Patrick Canivet.

Fournisseur d’ingrédients, Croda a travaillé sur une formule low-poo, l’Ultra gentle cleansing conditioner, exempt de tout ingrédient réputé corrosif, ainsi que de sulfates, de parabènes et de silicones. Ceux-ci ont été remplacés par des matières issues de son catalogue, comme un tensioactif cationique, généralement réservé aux après-shampooings, qui donne en outre un aspect filmogène à la formule.

Trop récents pour rentrer dans des cases, les low-poo peuvent avoir chacun son positionnement. «Comme il s’agit par définition d’un produit segmentant, nous avons souhaité laisser de l’espace à notre référence et la destiner à tous les types de cheveux», explique Xavier Ormancey. Du côté de Matrix, «les conditioners lavants ont été conçus pour les femmes dont les cheveux ne se salissent pas vite et qui n’ont pas besoin de faire des lavages fréquents, précise Patrick Canivet. On peut par exemple l’imaginer associé en alternance avec un shampooing doux.» Corinne Soléau, responsable technique et marketing chez Croda, explique pour sa part que leur cleansing conditioner est davantage adapté aux chevelures épaisses, «aux personnes qui veulent limiter les lavages et qui cherchent une action régénératrice». En définitive, il faudra aussi une démarche active de la part des consommateurs pour s’approprier véritablement les low-poo.

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