Solaires : respecter la peau et les océans

Julien DOMEC

La vocation première de ces produits est bien sûr de protéger l’épiderme des méfaits du soleil. Mais grâce à leurs formulations, certains revendiquent aussi la préservation des écosystèmes marins.

Pour qui et pourquoi?

Les consommatrices à la recherche de produits bio ou naturels se montreront évidemment plus sensibles aux arguments de protection de l’environnement. Car si le grand public est aujourd’hui majoritairement sensibilisé à la nécessité de se protéger avant de s’exposer au soleil, il n’est pas informé que l’utilisation massive de crèmes solaires conventionnelles entraînerait une pollution des écosystèmes océaniques. D’après Algotherm, 10% des récifs coralliens dans le monde pourraient être menacés par l’impact de ces produits et 25% des espèces marines (algues ou animaux) sont dépendantes du corail. L’utilisation de solaires est d’ailleurs interdite dans certains endroits du monde, comme un parc aquatique au Mexique. Lancée l’an dernier, la gamme Algosun a été formulée pour protéger naturellement la peau et l’ADN sans nuire à la ressource marine. «Il était pour nous inconcevable d’élaborer des produits solaires toxiques pour l’environnement marin qui est notre source d’inspiration, d’innovation et de matières premières», explique Angélique Labbé, chargée du développement et du marketing international chez Algotherm.

 

Filtres chimiques versus minéraux

Les composants les plus incriminés, car non biodégradables, sont les filtres chimiques. Ils sont accusés d’être responsables du blanchissement des coraux (et donc à terme de leur mort) et seraient, selon leurs détracteurs, des perturbateurs endocriniens… Un de ces vastes débats qui agitent la beauté et dont les accusations ne sont pas toujours avérées. Les labels bio préconisent le dioxyde de titane, filtre minéral agréé Ecocert. «Formuler des produits solaires bio demeure encore difficile mais nous avons réussi à obtenir des textures complètement transparentes en sélectionnant soigneusement nos matières premières», soulignent Maréva Brettes, chef de produit Acorelle et Charlotte Le Proust, responsable recherche et de développement de la marque, qui vient de lancer une gamme de solaires respectueux de l’environnement. La ligne Algosun et la nouvelle gamme solaire d’Acorelle misent ainsi sur l’huile de karanja, qui n’est pour l’heure pas listée en tant que filtre mais joue cependant ce rôle, tests à l’appui (elle agit comme une «éponge» à UV). Idem pour l’algue rouge Porphyra Umbilicalis utilisée par Algotherm.

 

Résistance à l’eau

Les formules proposées par Algotherm et Acorelle pour les produits de protection sont résistantes à l’eau et restent donc à la surface de l’épiderme lors des bains. Cet argument fait aussi la force du dernier lancement de Shiseido. En effet, ces nouveaux solaires bénéficient de la technologie WetForce qui les rendent plus efficaces en cas de baignade. En outre, il faut savoir que les filtres chimiques restent la solution la plus «cosmétique» et que les solaires les plus efficaces combinent chimie et minéral. Mais l’essentiel reste d’encourager la consommatrice à se protéger.

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