Soin visage : des crèmes pour contourner l’âge

Après la «peau parfaite», objectif «contours parfaits». Les derniers soins anti-âge redessinent l’ovale pour un profil plus net.

La plupart des anti-âge lancés ces derniers mois (Y-Shape d’YSL, Repairwear Sculpting Night Cream de Clini-que, Sérum Végétal Rides & Lifting Sérum Resculptant V d’Yves Rocher, etc.) ciblent la problématique de la femme de 45 ans et plus, dont la peau perd 10% de fermeté à chaque nouvelle décennie. En résulte un excédent de peau et de graisse, qui affaisse le bas du visage sous l’effet de la pesanteur, accentuant le sillon nasogénien et formant bajoues et double menton. Visage empâté, cou engoncé, l’atteinte est suffisamment disgracieuse pour inciter les femmes concernées à trouver rapidement un soin anti-âge adapté, en attendant… l’heure du lifting.

Une catégorie en progression

«Aujourd’hui, les consommatrices sont moins gênées par la présence des rides – qui sont rapidement corrigées par les effets “blur” de la cosmétique ou les procédures médicales – que par l’apparition d’expressions négatives sur le visage causées par la perte de volume et le raccourcissement des muscles, qui faussent l’image qu’elles ont d’elles-mêmes», note Caroline Nègre, directrice de la communication scientifique d’Yves Saint Laurent. D’où la percée des nouveaux soins dits «contours», offrant un ovale net. «En pharmacie, qui reste le circuit de prédilection des femmes entre 45 et 55 ans, 75% des ventes d’anti-âge se font désormais sur les produits rides-contours-fermeté, au détriment des antirides purs qui intéressent davantage les 35-45 ans. A fin novembre dernier, on enregistrait une progression de 1,6% de la catégorie», rapporte Lidia Mola, directrice générale de Vichy France.
«Les soins “contours” sont en réalité ce que l’on appelait jadis les soins “lifting” ou “fermeté”. Soit des produits qui stimulent la synthèse de fibres pour une peau plus tonique, les actions lipolytique et drainante en plus», précise Lionel De Benetti, cosmétologue. C’est Lift-Affine Visage de Clarins qui a ouvert la voie en 1999. Pensé au départ pour les visages ronds des Asiatiques, il a, avec sa quatrième reformulation (Lift-Affine Visage sérum contour parfait), élargi sa cible à toutes les femmes dont les traits s’alourdissent avec l’âge. Mais aussi à toutes celles chez qui un changement de mode de vie (alimentation, prise de médicaments, etc.) génère l’apparition de lourdeurs additionnelles.
Sans en faire état, ces soins suivent l’évolution des techniques de chirurgie esthétique. Les premiers produits fermeté dans les années 70, entièrement formulés à partir d’ingrédients tenseurs qui «séchaient» sur l’épiderme, «tiraient» la peau comme les liftings de l’époque. Mais, depuis, on a compris que le relâchement cutané n’est pas seul en cause dans le vieillissement, que d’autres facteurs interviennent, comme le déplacement des masses graisseuses. D’où une nouvelle génération de soins, à l’image du récent Liftissime de Liérac, qui agit sur différents plans (peau, graisse), comme les liftings modernes. Ainsi, on ne se contente plus de retendre la peau, on redonne une structure au visage.

Un storytelling peaufiné

Les soins «contours», à proprement parler, sont directement inspirés du lifting cervico-facial, «le préféré des Françaises», qui retend le bas du visage et le cou. «Mais, du côté des actifs, il faut l’avouer, on n’a rien inventé de nouveau depuis les polymères tenseurs, qui remontent à des décennies !», note Lionel De Benetti. D’où un story-telling de plus en plus travaillé pour pimenter les produits, à l’instar de Rénergie Multi-Lift de Lancôme, qui s’appuie sur la science de la biologie spatiale pour lutter contre la pesanteur, ou de l’utilisation de lettres pour illustrer l’objectif d’un ovale bien tendu : le Y de Y-Shape chez Yves Saint Laurent, le V de Lift Affine Visage chez Clarins.

Facebook
Twitter