Packaging : Albéa inaugure une usine en Italie

Avec sa nouvelle usine italienne dédiée à la fabrication de mascaras, d’eye-liners et de gloss, Albéa entend mieux répondre aux exigences d’un marché en constante évolution.

Chez Albéa, l’année 2015 se place sous le signe des applicateurs. Le géant du packaging, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 1,6 milliard de dollars en 2014 (+2%), a inauguré le 23 janvier dernier une usine dédiée à la fabrication de mascaras, d’eye-liners et de gloss. Située à proximité de Milan, dans la petite ville de Bottanuco, elle est issue du regroupement de deux anciens sites industriels qui se trouvaient déjà dans la région.
Représentant un investissement de 7 millions de dollars, le nouvel ensemble s’étend sur 18 400 m². À l’intérieur, la zone de production occupe l’essentiel de cette surface. Elle regroupe les technologies d’injection, d’extrusion soufflage, de fabrication de brosses, de décoration, de traitement de surface et d’assemblage. Le tout pour une capacité de production de 160 millions de pièces par an. «Cette usine a été conçue pour optimiser les flux, précise Hedi Tlili, VP & deputy cluster manager chez Albéa. Avoir toutes ces technologies sous le même toit nous donne une plus grande agilité.»
Pour le mascara, capots, tiges et applicateurs sont produits séparément puis assemblés. Tout commence avec les presses à injecter. D’un côté de l’immense salle, 38 machines réparties en deux rangées sont alimentées en plastique fondu par des tuyaux parcourant le plafond, qui eux, puisent la matière première dans des silos entreposés à l’extérieur. Un système automatique évacue les pièces et les stocke dans des boîtes, en attendant de retrouver les autres éléments. De l’autre côté de la pièce se trouve la zone d’injection soufflée, qui compte une vingtaine de presses. Chacune est dotée d’une vitrine permettant de la voir à l’œuvre. La cadence est soutenue. Les capots sont réalisés en deux temps trois mouvements : injection de plastique, soufflage et dépose sur un tapis roulant, qui les conduit encore tièdes à leur carton de stockage.

Investir en continu

La zone de fabrication des applicateurs se situe un peu plus loin. Elle rassemble des machines plus petites, dont une quinzaine dédiées aux brosses de mascara. à mesure que le fil d’acier arrive, il est coupé et plié puis amené auprès des poils qui sont sectionnés à leur tour. L’ensemble est ensuite soudé. Les bras mécaniques s’agitent à une vitesse telle que l’œil non exercé met quelques secondes à repérer le parcours effectué par les différents éléments.
À proximité, d’autres unités s’attellent à l’assemblage des pinceaux de gloss. Parmi elles, deux installations neuves pouvant produire 3 000 pièces par heure. Équipées d’un système de guidage par caméra, elles offrent plus de flexibilité, notamment en cas de changement de format. «Les marques font de plus en plus d’animations, affirme Hedi Tlili. Ces marchés vont si vite qu’il faut investir en continu.»
La zone réservée à l’assemblage et au décor se trouve dans la partie centrale, entre celles consacrée à l’injection. Parmi les techniques disponibles figurent la sérigraphie et le marquage à chaud. Les pièces passent les unes à la suite des autres et ressortent ornées du nom de la marque qui commercialisera le produit fini. L’atelier de traitement de surface est placé dans une salle à part. Elle abrite une nouvelle ligne de laquage UV, un traitement complexe, qui requiert différents systèmes de sécurité pour éviter la pollution de l’air. Elle est alimentée manuellement, toujours dans un souci de flexibilité mais la décharge est automatique. Résultat : une capacité de traitement de 7 500 pièces par heure.
Autre particularité : cette nouvelle usine accueille un centre de développement dédié aux applicateurs. Sa création s’inscrit dans le cadre de l’Albéa Tips Studio, un programme mondial d’innovation et de création de pièces, qui s’appuie sur des études de marché et des tests consommateurs visant à mieux connaître les attentes des femmes. «Il s’agit d’un programme qui répond aux besoins du marché, souligne Anne Rutigliano, responsable du Tips Studio. L’applicateur a pris une grande importance au sein du produit.» à Bottanuco, Albéa dispose d’une bibliothèque de brosses et pinceaux standards ainsi que de salles pour recevoir ses clients et travailler sur leur modèle. Le groupe mise beaucoup sur son expertise sur cette pièce, certainement la plus technique de la trousse à maquillage.

Une industrie de géant

Le groupe Albéa, qui s’est construit par acquisitions, compte 38 usines réparties dans 14 pays. Sa présence reste forte en France, où se trouvent 8 sites mais elle se déploie ailleurs. «Notre stratégie est de suivre nos clients là où ils se trouvent», affirme Hedi Tlili, VP & deputy cluster manager. Albéa a en effet inauguré en 2014 un site (30 000 m²) à Suzhou, près de Shanghai. L’ensemble, qui représente un investissement de 14 millions de dollars, est le seul à réunir toutes les activités industrielles de la société (tubes, emballages cosmétiques plastique et systèmes de diffusion). L’entreprise disposait déjà de quatre usines en Chine.

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