Marque : Courrèges se taille une place en beauté

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La marque était presque éteinte, mais le feu a repris. Depuis que, fin 2011, Coqueline Courrèges a confié les clés de la maison qu’elle avait créée avec son mari à Frédéric Torloting et Jacques Bungert, l’immeuble de la rue François 1er, à Paris, est en ébullition permanente. «C’est une transmission d’entreprise plus qu’une vente. Coqueline sait qu’on la trahit tous les jours mais avec le plus grand respect», explique avec bienveillance Frédéric Torloting, coprésident de la marque. Nouvelles collections, nouveaux marchés et partenariats en cascade : la marque est sur tous les fronts. «Nous sommes arrivés à trouver l’expression d’un Courrèges contemporain, intègre en termes de style», souligne Jacques Bungert.

Levée de fonds

Après une période de transition, entre 2012 et 2014, où la société a été modernisée – rénovation de l’usine de Pau et des bureaux, déploiement d’un ERP pour le commercial et la logistique, reconstitution d’une équipe de 90 personnes –, la voici prête pour entamer sa phase de redéploiement. D’autant que le duo d’anciens publicitaires, qui cherchait à lever 20 millions d’euros, a su gagner la confiance des investisseurs et boucler un tour de table auprès de fonds européens et asiatiques en juin dernier. La société, définie comme «une start-up avec un statut de très grande marque», aurait réalisé un peu moins de 30 millions d’euros en 2014. «Pour l’instant, 100% du chiffre d’affaires vient de la couture, mais à moyen terme ça va s’équilibrer. Nous avons identifié un gisement de création de valeur sur la mode, la beauté et, demain, peut-être ailleurs», assure Frédéric Torloting. La cosmétique doit donc venir peser dans les revenus. Depuis quelques mois, l’activité parfums a été reprise en direct, et l’équipe de la rue François 1er a livré ses premiers produits en septembre dernier. La marque est revenue dans tous les grands réseaux de parfumerie, à l’exception notable de Sephora.
Outre ses quatre références au catalogue, et le relancement de In Blue, la gamme va accueillir deux nouveautés en 2015, à commencer par La Fille de l’Air, un parfum signé par Fabrice Pellegrin (Firmenich). Et pour sa mise en orbite en juin, les deux trublions ont imaginé un mécanisme inhabituel pour le secteur. Courrèges s’est associée avec Air France pour une exclusivité on-board d’un mois. Et avec leur joli carnet d’adresses, ce n’est pas le seul partenariat malin qu’ils ont mis en place. Ces derniers mois, ils sont partout ! En avril, la griffe couture habille de blanc et rose fluo un flacon en édition limitée du Fluide de beauté 14, signé Carita loves Courrèges. Et déjà, le mois dernier, la marque avait sorti, chez Colette et dans vingt pays, une collection capsule de maquillage Estée Lauder x Courrèges (voir CM n°158, p. 36). Une gamme éphémère… contrairement à cette association entre la love brand française et le géant américain.

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