Carte blanche : Rodrigo Flores-Roux

©DR

Le coauteur de Happy de Clinique est une personnalité haute en couleur, à l’image de son pays d’origine, le Mexique. Passionné d’art, ce parfumeur de Givaudan est aussi un botaniste accompli.

Les hommes et les femmes qui ont compté

«Il y a tout d’abord Jean Kerléo, nez de Jean Patou et véritable gentleman, qui m’a appris l’importance de la modestie et de la patience en parfumerie. Si je connais bien la valeur de l’attente, l’humilité n’est pas vraiment une de mes qualités ! Il y a aussi Patricio Henry, mon premier patron chez IFF à Mexico, puis Carlos Benaïm et Jean-Claude Delville à New York. J’ai beaucoup de gratitude pour eux car ils m’ont aidé à mes débuts. J’ai aussi eu la chance de faire un stage avec Jean-Claude Ellena. Il m’a appris que, dans un parfum, chaque matière première compte. Et enfin, chez Quest, j’ai rencontré Calice Becker, parfumeur extraordinaire et véritable amie.»

 

Les sources qui l’inspirent

«Il y a toujours dans mes créations un hommage au règne végétal, issu de mon amour pour la botanique. L’art vient en second car je suis très visuel. Je peux être ému par les natures mortes de Cézanne, par la Renaissance, Rembrandt, Kandinsky, Le Bernin… Et bien sûr, par l’art mexicain ! Le Mexique est d’ailleurs une autre source d’inspiration, c’est un pays très parfumé, partagé entre deux obsessions : la vie, avec un grand amour des fleurs, et la mort. On le voit aussi bien dans les stèles mayas que dans les peintures de Frida Kahlo.»

 

Les matières premières qui l’ont marqué

«Les agrumes en particulier, car il en poussait dans la cour de la maison de mes parents au Mexique : un oranger et un limettier. Plus tard, j’ai découvert la bergamote et les citrons jaunes. À l’autre extrémité du spectre, j’aime beaucoup le cuir. J’en porte d’ailleurs souvent et pour créer cet accord, j’utilise le ciste labdanum, dont le côté encens me rappelle les églises mexicaines. J’ai créé Black Cashmere de Donna Karan justement avec ce mélange de cuir, d’épices et de ciste labdanum pour une sensualité unisexe. Son côté “oud” était en avance sur son temps !»

 

Les parfums qu’il porte

«Je suis très infidèle ! Je porte Jicky de Guerlain, plus androgyne que Shalimar, qui était le parfum de Cary Grant, mon idole. Il y a aussi Choc de Cardin, un chypre aux notes d’agrumes amers qui a été ma signature lorsque j’étais étudiant. Je voudrais également citer Neroli Portofino de Tom Ford, Terre d’Hermès, Eau pour Homme de Giorgio Armani ou encore un parfum disparu, Eau de Patou.»

Son parcours

Né à Mexico, Rodrigo Flores-Roux vient d’une famille «où le parfum a toujours eu une place importante». Son amour des plantes aromatiques le conduit à faire des études de biologie avant d’intégrer l’Isipca en 1989. Deux ans plus tard, il rejoint l’équipe d’IFF au Mexique puis, en 1996, il intègre le studio de New York, ville qu’il n’a plus quittée. Il entre chez Quest en 1997, rachetée depuis par Givaudan. Il est l’auteur de Happy de Clinique (avec Jean-Claude Delville), de CK Free de Calvin Klein (en équipe), de nombreuses déclinaisons de Green Tea d’Elizabeth Arden, de Black Cashmere et Gold de Donna Karan ou encore des parfums du styliste américain John Varvatos.

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