Distribution : Nociglas superstar

©françois Daburon

Le rachat de Nocibé par Douglas est incontestablement l’événement de 2014. Parallèlement, on a assisté à de nombreuses opérations de «mutualisation», dans les parfumeries comme dans les grandes surfaces.

Nul doute que, même si elle était attendue, la nouvelle de l’année, côté distribution, a été le rachat du numéro 3 français par Douglas, le champion allemand. Ce bouleversement a donné naissance à un nouveau numéro 2 tricolore, leader en nombre de portes. Et ce, même si le gendarme de la concurrence a contraint le distributeur à céder 38 magasins (13 intégrés et 25 franchisés). C’est chose faite pour les 13 succursales vendues au groupe Bogart, invité surprise de cette redistribution des cartes. En effet, la décision de l’Autorité permet à un outsider de doubler de taille. Dirigé par David Konckier, le groupe Bogart (CA 2013 : 85 millions d’euros, dont 45 millions pour son activité cosmétique et parfums avec ses marques Bogart, Ted Lapidus, Carven, Méthode Jeanne Piaubert et Stendhal, ainsi que des licences), compte une activité détail qui se répartit entre 35 magasins en Israël et une douzaine de parfumeries Athénaïs dans le Sud de la France. Cette double casquette de fournisseur et de commerçant n’empêche pas ses magasins de travailler avec l’essentiel des marques sélectives et de progresser de 11% en 2013.
Parallèlement, Isabelle Parize, qui pilote cet ensemble passé aux couleurs de Nocibé, a rétorqué. À la veille de Noël, le distributeur a aussi annoncé l’acquisition de 43 parfumeries jusqu’ici exploitées par la société Clin d’Œil sous franchise Douglas. Sous réserve de l’approbation des autorités, Nocibé compte donc une quarantaine de nouvelles succursales.

Les indépendants réagissent

Ce mouvement de concentration a suscité une réponse des indépendants. Les deux principaux groupements de parfumeries, Beauty Success et Passion Beauté ont uni leurs forces pour s’imposer face aux trois grands succursalistes, devenant ainsi le nouveau numéro 4 du marché. Cette entité, baptisée Beauty Alliance et coprésidée par Philippe Georges (Beauty Success) et Jean-Pierre Dry (Passion Beauté), pèse environ 11% du marché en valeur. Elle négocie les conditions d’achat pour leurs parfumeries et des plans marketing communs en attendant de mutualiser d’autres services.
Le phénomène touche également les enseignes alimentaires. Tout d’abord, Carrefour a racheté à Dia, son ex-filiale, ses 800 magasins français, moins les 56 dans le collimateur de l’Autorité de la concurrence. D’autre part, on a assisté à trois autres grandes mutualisations – une stratégie qui, par ailleurs, évite de passer sous les fourches caudines de l’Autorité de la concurrence – entre centrales d’achat : Système U et Auchan, Casino et Intermarché puis Carrefour et Cora, Leclerc ne participant pas à ce mouvement. Les deux premières, entre un succursaliste et des indépendants, incarnent sans doute le plus étonnant mariage de cultures très différentes. L’histoire ne dit pas encore ce que donneront à long terme ces Pacs d’un nouveau genre, ni comment réagira Leclerc, menacé dans son leadership. Quoi qu’il en soit, les mouvements de consolidation s’accompagnent de l’émergence de nouveaux acteurs, note Ariel Ohana, qui ajoute : «Les transactions majeures façonnent un secteur en concentration, suscitant un renouveau et la naissance de concepts inédits.»

Et aussi

• Walgreens et Alliance Boots sont passés à la phase 2 de leur fusion. L’américain a donc acquis les derniers 55% du capital d’Alliance Boots. Le nouveau Walgreens Boots Alliance, qui sera dirigé par Stefano Pessina, réunit 12 800 magasins Walgreens, Duane Reade et Boots, 370 000 salariés et 340 centres de répartition pharmaceutique.

• Le rachat, côté duty free, de The Nuance Group par le suisse Dufry, leader du travel retail et qui ne devrait pas s’arrêter là.

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