Circuits pros : coiffure express

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Pour attirer les jeunes femmes et les citadins pressés, séduire les petits budgets et apporter une touche de fun, de nouveaux services et enseignes de coiffure émergent.

«Jean Louis David a une image trendy et urbaine, mais l’enseigne a un peu de mal à séduire les femmes de moins de 35 ans, l’âge moyen de notre clientèle étant de 45 ans», explique Laura Carles, chef de marques Jean Louis David. Pour attirer cette clientèle plus jeune «hyper-connectée et à la recherche de bons plans», l’enseigne de Provalliance a lancé en avril dernier un nouveau service. Surfant sur la tendance des comptoirs qui, du bar à ongles au bar des coloristes, essaiment à tout va, elle a dégainé son Bar à Style. Un service de coiffage en quinze minutes, pour 15 euros. Après un shampooing sec Redken, il ne reste plus qu’à choisir entre un lissé speed brush, une double tresse ou un chignon 60’s speed up-do. Ce service, adopté en quelques mois par 90% des 400 salons Jean Louis David en France, permet de générer du chiffre d’affaires supplémentaire et se révèle rentable.

S’implanter dans des lieux à fort trafic

L’équation est différente pour Beauty Bubble. Créée en 2010, l’enseigne repose sur une idée simple : faciliter la vie des consommateurs avec des prestations express sur cheveux secs à des prix ultra-compétitifs (de 10 à 15 euros) et réalisées en une dizaine de minutes. «Pour que notre concept puisse s’épanouir, il faut au moins une cinquantaine de clients par site et par jour. Il nous faut beaucoup plus de monde que dans un salon traditionnel», déclare Nicolas Langer, le fondateur. D’où des implantations dans des sites à fort trafic. On trouve Beauty Bubble dans les stations de métro et de RER, les gares SNCF, l’aéroport de Nice, les centres commerciaux et les rayons beauté de certains Carrefour. Avec 43 centres ouverts et une vingtaine prévue cette année, le succès semble au rendez-vous. À en croire Nicolas Langer, nombre de consommateurs qui n’allaient plus dans un salon confient à nouveau leur tête à des professionnels grâce à son concept. D’autres viennent en complément d’une coloration effectuée chez leur coiffeur.
Plus que la recherche de prix bas, c’est l’insatisfaction qui a conduit Rozina Valimahamed à créer 365c (pour 365 coiffures). La fondatrice a ouvert en 2012 un premier corner au Monop’Beauty de la rue des Abbesses, à Paris. Depuis, deux autres ont vu le jour au Bon Marché et dans le Marionnaud des Champs-Élysées, ainsi qu’une boutique dans le Marais. Pas de shampooing, ni de coupe, mais des coiffures dans l’air du temps réalisées en un quart d’heure, à partir de 19 euros. La jeune femme, diplômée de HEC, projette, après une levée de fonds, de dupliquer l’enseigne dans une cinquantaine de points de vente à Paris et dans les trente premières villes françaises d’ici à trois ans.
Dans un autre registre, Body’minute a lancé récemment un concept de soins du cheveu sans rendez-vous, Hair’minute, qui offre des tarifs très compétitifs grâce à une formule d’abonnement (shampooing-coupe-brushing, à 19 euros). Le concept de comptoir à coiffures, Sephora s’en est emparé dès 2004. «Il nous a semblé intéressant d’investir dans des bars à cheveux, le capillaire étant une catégorie que l’on développe», commente Emmanuelle Cartier, directrice marketing et offre France de Sephora. Au même titre que les beauty bars, il s’inscrit dans le parcours client, apporte une touche d’entertainment et enrichit l’expérience en magasin. Implanté dans le flagship des Champs-Élysées et certains magasins image, le styling bar permet aux marques exclusives de décoller plus vite. Après Shu Uemura en 2013, la société britannique d’extensions Hershesons fait un carton depuis septembre dernier. «Les bars contribuent à l’énergie, l’ambiance et la différenciation de nos magasins», conclut la responsable.

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