Anthropologie : Joël Candau cherche le langage des odeurs

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Existe-t-il un lexique commun pour parler d’un élément odorant ? C’est l’objet des recherches du professeur Joël Candau, anthropologue à l’Université de Nice. «La mémoire olfactive est plus tenace que les autres formes de mémoire, surtout pour les souvenirs enregistrés entre 6 et 10 ans. C’est ce qu’on appelle communément le syndrome de Proust», explique Joël Candau, qui a cherché à comprendre comment ces expériences olfactives intimes et personnelles pouvaient être partagées socialement. Au début des années 2000, avec d’autres chercheurs niçois (linguistes, chimistes ou psychologues), il a créé un premier groupe de travail baptisé Mod – pour Molécules olfaction et discours –, qui s’est intéressé à l’influence de la communication verbale sur la connaissance des odeurs. Plusieurs professions ont été étudiées : cuisiniers, parfumeurs, infirmières, médecins légistes… Ses conclusions : «Le lexique olfactif n’est pas précis dans nos langues occidentales, et contrairement à la couleur, nous n’avons pas de langage naturel à notre disposition. Seuls les parfumeurs et les cuisiniers se sont accordés sur un vocabulaire commun». Un nouveau groupe de recherche pluridisciplinaire a été créé au 1er janvier dernier, reconnu par le CNRS et à vocation internationale : O3 (Odorant, odeur, olfaction). Le 19 mars, le professeur Joël Candau présentera ses travaux sur les émotions liées aux odeurs lors du congrès organisé par la Cosmetic Valley. Il évoquera les odeurs liées à la mort…

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