Sous-traitants : “un réservoir d’idées Made in France”

DR

Marc-Antoine Jamet, président de la Cosmetic Valley, met en avant le vivier de petits acteurs que fédère et dynamise ce pôle de compétitivité.

Qui sont pour vous ces champions cachés de la cosmétique ?

C’est notre force cachée, que l’on doit mettre en valeur et exporter. Les champions cachés sont la myriade de petites et moyennes entreprises qui composent la Cosmetic Valley, où 80% des sociétés sont des PME et TPE. Le pôle compte 60 sous-traitants – formulation, fabrication, conditionnement – parmi ses adhérents, soit 18% de ses membres. La Cosmetic Valley est un tissu de PME qui forment un champion collectif.

Comment les plus petits peuvent-ils s’imposer face aux géants ?

M.-A. J. : Le respect fait aux PME est la marque de fabrique de la Cosmetic Valley. C’est la société des égaux, où les petits parlent autant que les grands. Contrairement à l’aéronautique ou l’automobile, les PME sous-traitantes de notre secteur ne sont pas dépendantes des grands noms. Elles sont complémentaires pour absorber une surcapacité de production, ou proposer un savoir-faire spécifique. Le concept est celui du voisinage industriel qui crée un réservoir d’idées labellisées Made in France. De plus en plus d’acteurs proposent du full service : une porte d’entrée pour le développement d’une gamme, de la formulation au produit fini prêt à être commercialisé, packaging inclus.

Quelles compétences les jeunes pousses apportent-elles aux grands groupes ?

M.-A. J. : Elles sont porteuses d’innovations, de savoir-faire originaux ou de travail de précision. Certaines formules ou emballages sont développés par des entreprises innovantes qui les proposent ensuite à des géants. Ces structures sont flexibles et peuvent apporter de la réactivité par le biais de la production en petite série. Elles peuvent aussi assurer la fabrication de produits nécessitant une technologie particulière (poudres, rouges à lèvres, crayons…), dont les grands sites ne disposent pas toujours.

Et le pôle, que leur apporte-t-il ?

M.-A. J. : Il met des outils de géants à la disposition des PME et des outils de PME à la disposition des géants. Pour les petits, la Cosmetic Valley est un instrument de visibilité et de notoriété. En France d’abord, mais aussi à l’international, où nous sommes présents sur les principaux salons de la profession (Dubaï, Hong Kong, Shanghai, Paris et, prochainement, Barcelone) et où nous leur proposons des stands clés en main sous une bannière commune. Nous avons également lancé, l’année dernière, le programme Cosmelite pour accompagner le parcours de croissance des PME.

Est-ce une spécificité française ?

M.-A. J. : La France reste le leader de la coopération industrielle dans le domaine de la parfumerie cosmétique. Nous sommes en lien avec des clusters étrangers qui cherchent à comprendre notre mode de fonctionnement. Le pôle de compétitivité crée un point d’adossement qui repose sur la sécurité, la confiance et le territoire, c’est presque un climat associatif entre grands et petits. Le dirigisme à la française a favorisé le développement de notre tissu industriel et ce climat original. Cet écosystème remplace la structure du grand Konzern allemand, la famille italienne et même le géant capitalistique américain. Chacun y trouve sa place et, pour les plus petits, c’est comme si on leur donnait des échasses.

Facebook
Twitter