Réglementation : des allégations sous contrôle

Comme dans l’alimentaire, les produits de beauté ne peuvent pas revendiquer n’importe quelles caractéristiques sur leur packaging ou dans leur communication. Retour avec Anne Dux, directrice des affaires scientifiques et réglementaires de la Febea, sur ce qui est autorisé ou pas.

Les allégations portant sur les caractéristiques ou la fonction d’un cosmétique doivent suivre six critères élaborés par un groupe de travail (industriels, consommateurs et États membres) présidé par la Commission européenne. Cette dernière présentera aussi un rapport au Parlement et au Conseil sur la publicité au plus tard le 11 juillet 2016.

Conformité à la législation

Une revendication doit respecter la loi et ne pas induire le consommateur en erreur. Ainsi, écrire sur un soin «ne contient pas d’hydroquinone» n’est pas autorisé car l’utilisation d’hydroquinone est interdite par la législation européenne sur les cosmétiques.

Véracité

Les allégations ne peuvent pas reposer sur des informations fausses ou non pertinentes comme la mention d’un ingrédient qui ne se trouve pas dans le produit. Si la marque avance que celui-ci «contient du miel, il doit effectivement en avoir et ne pas se contenter d’un arôme de miel», indiquait Anne Dux, directrice des affaires scientifiques et réglementaires Febea, lors de la journée Beauty Business CosmétiqueMag.
Elles ne doivent pas laisser supposer que le produit fini possède les mêmes propriétés qu’un ingrédient si ce n’est pas le cas. Ainsi, «contient de l’aloe vera hydratante» ne doit pas figurer sur la référence si cette dernière n’a pas d’effet hydratant. Des opinions de consommateurs ne sont pas des allégations à moins qu’elles ne rendent compte de faits avérés.

Éléments probants

Chaque allégation doit être prouvée. «Certes, il ne faut pas démontrer qu’un shampooing lave les cheveux mais s’il s’agit d’un produit éclaircissant, il faut en apporter la preuve», affirme Anne Dux. Les indications clairement exagérées ou abstraites ne doivent pas être étayées. C’est le cas des mentions comme «Ce parfum vous donnera des ailes». «Le consommateur ne s’attend pas à ce que la fragrance lui fasse réellement pousser des ailes», ajoute l’experte.

Sincérité

La présentation de la performance ne doit pas aller au-delà de la preuve. Le fait d’invoquer qu’un produit est le préféré de plusieurs milliers de consommateurs n’est pas autorisé. Dans le cas des images, il est interdit de retoucher la peau du visage du mannequin si l’allégation porte sur un soin ou un fond de teint. S’il s’agit de promesses sur un mascara, les cils ne peuvent pas être retouchés. En revanche, dans ce cas, le grain de peau peut être «photoshopé». L’allégation ne peut pas attribuer des caractéristiques uniques si des cosmétiques similaires possèdent les mêmes. On ne peut pas mentionner sur un parfum «sans conservateur» puisque la fragrance, de par la présence d’alcool, est de toute façon formulée sans conservateur. Si les performances d’un article nécessitent l’utilisation combinée d’un autre produit de beauté, il faut le mentionner.

Équité

Les revendications, objectives, ne doivent dénigrer ni la concurrence, ni des ingrédients utilisés légalement avec des phrases telles que «contrairement au produit X, cet article ne contient pas le composant Y dont on sait qu’il est irritant». À bannir aussi, les affirmations du type «Bien toléré car ne contient pas d’huiles minérales» ou «Faible teneur en allergènes car sans conservateurs», qui suppose que tous les conservateurs sont des allergènes.

Choix en connaissance de cause

Les promesses doivent être claires et compréhensibles pour l’utilisateur final. Les informations contenues lui permettent de choisir en connaissance de cause.

Les «sans» à part

Les revendications solaires et «sans» ne font pas partie des critères communs. Le «sans» n’est autorisé que s’il permet un choix éclairé pour le consommateur et s’il respecte les critères communs. Les solaires sont, quant à eux, traités dans une recommandation de la Commission du 22 septembre 2006. Les écrans solaires (et non les soins de jour avec SPF) doivent faire figurer, sur leur packaging et dans leur communication, le niveau de protection (faible, moyenne…) en plus du facteur (SPF ou FPS) ainsi que les règles du bon usage du produit et du bon comportement au soleil.

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