Carte blanche : Julie Massé

Matthieu Dortomb

Née à Tokyo et amoureuse des senteurs méditerranéennes, Julie Massé, parfumeur chez Mane, est aussi à l’aise pour imaginer une pivoine asiatique qu’un cuir oriental ou l’odeur du blanc.

Les personnes qui ont compté

«Tout d’abord mon père, Philippe Massé. Il a su me transmettre sa passion pour les matières premières naturelles et, plus généralement, pour l’univers de la parfumerie. Plus tard, chez Fragrance Resources, j’ai eu la chance d’être l’élève de Pierre Bourdon, mon mentor. Des bases de la parfumerie à la formulation, il m’a beaucoup appris. Grâce à lui, je me suis familiarisée avec les structures olfactives, j’ai découvert l’art et la manière de décortiquer et de jouer avec les ingrédients pour en faire ressortir certaines facettes. Enfin, Christine Nagel m’a poussée à exprimer ma créativité de manière plus libre et plus personnelle.»

 

Les matières qui l’ont marquée

«L’oranger et toutes les matières premières extraites de cet arbre. Je trouve fascinante la palette d’ingrédients que l’on peut en tirer. Du zesté du fruit au floral délicat du néroli, en passant par le miellé capiteux de l’absolu fleur d’oranger ! Toutes ces odeurs me transportent immédiatement dans le jardin de ma grand-mère et de mes parents, à Grasse. Je dois d’ailleurs avouer que je suis amoureuse de beaucoup de senteurs et de matières méditerranéennes…» 

 

Les sources qui l’inspirent

«La cuisine et les voyages sont mes deux principales sources d’inspiration, ce sont des moments de pur plaisir où mes sens sont particulièrement à l’affût. L’art aussi car il suffit qu’un visuel me parle pour que j’arrive à imaginer une odeur qui pourrait représenter olfactivement ses formes et ses couleurs. Pierre Bourdon, qui m’a appris les clés de la parfumerie narrative, m’a toujours conseillé d’“écrire une formule comme on décrit une peinture”. Je repense souvent à cette phrase lorsque je compose un parfum.»

 

Les parfums qu’elle porte

«La plupart du temps, je teste les projets sur lesquels je travaille, afin de suivre leur évolution. Autrement, j’ai toujours aimé les parfums verts, frais et pétillants. J’ai longtemps porté Eau Belle d’Azzaro, Cristalle de Chanel, Les Belles de Nina Ricci ou encore Untitled de Maison Martin Margiela.»

Son parcours

Née à Tokyo, Julie Massé a vécu au Japon jusqu’à l’âge de 5 ans. Elle étudie la chimie et la parfumerie à l’Isipca et commence sa carrière au cœur des matières premières, dans le département contrôle qualité de Fragrance Resources, à Grasse. Elle devient parfumeur junior sous l’aile de Pierre Bourdon durant trois ans, puis elle développe sa créativité au côté de Christine Nagel. En 2010, elle rejoint l’équipe fine fragrance parisienne de Mane. Parmi ses créations, on peut citer Blanc de Courrèges (2012), Noble Leather d’YSL (2013), Sì Intense d’Armani (2014, en collaboration avec Christine Nagel), Pivoine Suzhou d’Armani Privé, (2014, avec Cécile Matton), Fleur Universelle et Terres Aromatiques de la collection Lalique Noir Premier (2014). Elle crée aussi les parfums de la marque britannique Shay & Blue, lancée en 2012.

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