Industrie : les coulisses du succès de 1 Million

Le succès commercial de 1 Million (Paco Rabanne) cache une épopée industrielle et logistique. C’est à partir de sa discrète usine de Chartres (Eure-et-Loir), à une heure de route de Paris, que Puig inonde le marché mondial de son jus masculin. Deux lignes de production (sur huit) tournent en permanence, soit un parfum toutes les quatre secondes. Créée en 1976, elle assure un tiers de la production du parfumeur espagnol, qui assure les deux autres tiers dans ses trois sites de l’autre côté des Pyrénées. En 2002, l’unité française produisait 7 millions de flacons (Nina Ricci, Paco Rabanne, Comme des Garçons). En 2013, 35 millions, alors que l’effectif d’une centaine de personnes à l’époque, n’atteint que 160 salariés aujourd’hui, auxquels s’ajoute une trentaine d’intérimaires. «Nous avons investi à bon escient», explique Christian Combeau, président de Puig France, qui les évalue à 20 millions d’euros depuis dix ans.

En interne, l’usine s’est adaptée en «formant les opérateurs à la polyvalence», précise-t-il. À l’extérieur, le réseau des fournisseurs et prestataires assure à Puig une réactivité et une efficacité reconnues par le siège barcelonais de l’entreprise. Exemple : «Sans les meilleurs mondiaux de la verrerie qui sont présents autour de Paris, comme Pochet et SGD, nous n’en serions pas là», rappelle-t-il. Concrètement, en fonction des à-coups du marché, Puig ralentit ou accélère sa production d’un jour à l’autre, dans un climat social apaisé. «Comme on ne sait qu’au dernier moment quel volume va sortir, on prépare les emballages, en 30, 50 et 100 ml. Et on est capables de mettre trois lignes sur huit en parallèle si la demande est forte», décrit Christian Combeau.

Juste avant les distributeurs, la logistique, à destination des 140 pays où Puig vend ses produits : «Parce que l’acheteur final est très volatil, toute la supply chain doit être réactive», insiste-t-il, qui loue la qualité de la formation des DUT transports et logistique en France, dont celui de Chartres en particulier. «Nous attendons de nos fournisseurs le respect des certifications. C’est la preuve qu’ils ont établi des procédures, cela garantit la pérennité de toute la chaîne de production», déclarait le PDG devant des industriels français réunis l’hiver dernier par le pôle Cosmetic Valley. Ce n’est pas seulement un objectif en l’air : confronté à la contrefaçon, Puig puise là des assurances. «Il est important de développer des produits peu imitables, ce qui nous garantit toujours un temps d’avance, dans les jus, les textures… Pour le lancement d’Invictus, notre sourcing a été 100% français», a-t-il conclu. Une manière de saluer la sûreté de l’écosystème du parfum made in France.

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