Carte blanche : Mathieu Nardin

© François Lacour / Robertet

Parfumeur chez Robertet, il n’a jamais envisagé d’autre carrière que celle qu’il a embrassée. Sa grand-mère, productrice de plantes à parfum, est sans doute à l’origine de cette vocation.

Les femmes qui ont compté

Il y a tout d’abord ma grand-mère, productrice de plantes à parfum à Grasse, grâce à qui j’ai très tôt été au contact des matières premières. L’été, il m’est souvent arrivé de participer à la cueillette du jasmin. Quand on a 10 ans – et aujourd’hui encore d’ailleurs –, cela a quelque chose de magique ! Il y a toute cette ambiance, le chant des cueilleuses pendant la récolte. J’accompagnais ma grand-mère lorsqu’elle apportait les fleurs chez Robertet. J’ai également eu la chance, lorsque j’ai démarré ma vie professionnelle, d’y travailler avec ma marraine, Michèle Saramito. Elle connaît les matières premières naturelles comme peu de parfumeurs les connaissent et elle possède une grande finesse de composition. Il y a une totale confiance entre nous, ce qui m’a fait prendre conscience que la création n’est pas seulement un travail solitaire, elle peut aussi être faite dans le partage.

 

Les matières premières qui l’ont marqué

Je pense immédiatement au jasmin et à la rose. Cette dernière surtout, héritage de mon enfance, pour sa richesse, sa puissance et sa note cosmétique. Au-delà de son aspect olfactif miellé et épicé féminin, c’est une matière qui donne de la texture à une composition. Elle reste selon moi une des valeurs étalon de la palette du parfumeur. J’aime aussi les citrus car ils apportent de la gaîté et une accroche indispensable à tout parfum.

 

Les sources qui l’inspirent

Principalement les voyages. Mon métier de parfumeur m’a donné la chance de beaucoup voyager, de découvrir de nouveaux pays : l’Inde, la Thaïlande… C’est une vraie source d’inspiration, avec des références olfactives fortes, une cuisine et des épices tout autres des nôtres. Le Vietnam m’a beaucoup marqué, c’est un univers assez particulier avec une culture, une ambiance et des odeurs singulières, même dans l’air. Là-bas, les marchés sont étonnants. Et les Vietnamiens sont extrêmement attachants. L’humain aussi est porteur de créativité : j’aime imaginer quel parfum les gens pourraient porter.

 

Les parfums qu’il porte

Avant de partir le soir, je teste souvent des essais sur lesquels je travaille : un sur chaque avant-bras. Le week-end, j’opte généralement pour des notes fraîches et hespéridées car je les trouve à la fois joyeuses et discrètes. Sinon, je porte parfois Dior Homme, une fragrance qui me fascine et m’intrigue.

Son parcours

Originaire de Grasse, Mathieu Nardin a grandi dans une famille appartenant à l’industrie de la parfumerie et n’a à aucun moment envisagé une autre carrière que celle de parfumeur. C’est ce qui le conduit à une licence de chimie, après un baccalauréat scientifique, puis à l’Isipca. Il intègre Robertet en alternance avant d’y être nommé parfumeur en 2009. Après trois ans passés à Grasse, il rejoint, durant l’été 2013, le bureau de New York. Il est l’auteur de l’Eau des bienfaits de Roger & Gallet, de l’Eau universelle de L’Occitane (Fifi Award France 2013 du meilleur parfum sous enseigne propre) et du nouveau Etro.

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