Bleu Libellule : Caroline et Jean-Philippe Wincker

© Didier Adam

Fondateur de la centrale d’achat Objectif Coiffure, le couple continue d’ouvrir des drugstores de coiffure-esthétique Bleu Libellule en France et pourquoi pas, dans les pays limitrophes.

Les 130 m² de leur ami dans une zone commerciale de Nîmes, dans le Gard, ne sont pas restés longtemps inoccupés. Jean-Philippe et Caroline Wincker ont saisi l’opportunité après avoir surtout hésité sur l’activité qu’ils voulaient y exercer. Logiquement, l’achat en gros et la vente de produits de coiffure aux professionnels et au public se sont imposés, Jean-Philippe ayant servi quelques années auparavant dans la coiffure (lire encadré ci-dessous). Caroline, pour sa part, était une fidèle cliente des magasins de grossistes. «Je ne voulais surtout pas reproduire ce modèle d’entrepôt où les clients sont mal accueillis, explique-t-elle. Dans le premier Objectif Coiffure, créé en 1997, où nous préparions aussi les commandes avant de les expédier en 24 heures dans les salons de coiffure, nous tenions à mettre en place du conseil et de l’expertise car nous nous adressions aux particuliers et aux coiffeurs.»

Un parc de 73 magasins

Après trois points de vente, «nous avons dû conceptualiser davantage notre approche. En 2003 naît alors l’enseigne Bleu Libellule dans le centre commercial Bay 2 à Collégien, en Seine-et-Marne», poursuit Jean-Philippe Wincker. Objectif Coiffure est resté le nom de la centrale d’achat et de distribution pour les professionnels. Dès 2005, elle se dote d’une plateforme de 8 000 m² située dans le sud de la France. À la même période, le modèle Bleu Libellule commence à intéresser les bailleurs de centre commerciaux. Aujourd’hui, le parc est constitué de 73 magasins, dont une trentaine sera rénovée d’ici à fin 2014. «Nous estimons le potentiel à 300 portes à terme, dont une centaine en région parisienne, voire plus si nous allons dans des villes très dynamiques de 25 000 habitants comme Autun ou Chinon où nous avons signé des emplacements numéros 1 à des prix attractifs avant l’été, annonce Jean-Philippe Wincker. Le fait d’avoir déjà un réseau de taille correcte va faciliter la mise en place de services comme le paiement de la marchandise dans le point de vente Bleu Libellule et la livraison dans le salon de coiffure du client à partir de 2014.»

Des tutoriels on-line

L’enseigne compte aussi s’appuyer sur Internet pour développer ses prestations, notamment avec la mise en ligne de tutoriels destinés aux coiffeurs. «Dès qu’un internaute se connecte, nous identifions son lieu d’implantation et lui suggérons d’aller au Bleu Libellule le plus proche pour se procurer les produits, indique Caroline Wincker, nous n’avons pas vocation à être des cybermarchands, notre plus-value réside dans le conseil.»

Ce ne sont pas les seuls changements. L’offre, composée de 5 000 à 8 000 références (contre 2 000 chez les concurrents), va continuer à s’enrichir de marques sélectives exclusives (soins capillaires américains Amika, cires dépilatoires Rica, brosserie Olivia Garden). Une façon pour Bleu Libellule de valoriser son image avant de l’exporter. Les deux propriétaires de cette affaire de près de 35 millions de chiffre d’affaires en 2012 (265 salariés), avec pour actionnaire le groupe Provalliance (40% du capital) depuis un an, «regarde maintenant au-delà de l’Hexagone.»

Leur parcours

Jean-Philippe Wincker est un commercial qui a commencé à vendre des photocopieurs et de la maroquinerie avant de rester deux ans et demi chez Eugène Perma. Pendant des études en droit à Montpellier, Caroline avait travaillé dans un magasin Kiabi.

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