Style de vie : le rasage, c’est la barbe !

©Jeff Lanet

Les hommes se rasent moins mais ne négligent pas pour autant leur allure. Ils veulent du style et les marques les accompagnent dans cette quête.

Arborer chaque jour un menton lisse n’est plus forcément le must pour ces messieurs. La barbe de trois jours deviendrait même le nouveau standard. «Le jeune cadre dynamique se devait jusqu’à présent d’être rasé de près. Aujourd’hui, les 25-35 ans privilégient la barbe de trois jours bien entretenue, qui est de plus en plus acceptée dans les entreprises», explique Hayat Gaamouche, chef de produit international pour Babyliss for Men, le leader du marché. La marque, qui fête ses dix ans, s’est d’ailleurs positionnée dès le départ sur l’entretien de la barbe. Elle a lancé cette année une tondeuse multifonction X-10 et sort pour la rentrée un modèle haut de gamme avec écran LCD.

Popularisée par les hipsters, la «vraie» barbe fait aussi de plus en plus d’émules. Chez Les Mauvais Garçons (un salon de coiffeur barbier rue Oberkampf et un au Bon Marché Rive Gauche, à Paris), le service le plus demandé est la taille destinée à redessiner la barbe. La tendance n’a pas échappé à Mennen, qui a mis sur le marché en mars un soin hydratant visage invisible sur barbe de deux-trois jours. «Le port d’une pilosité faciale est un acte assumé qui fait partie de l’identité de la personne, au même titre que la coupe de cheveux ou les vêtements», analyse Raphaël Dacquin, responsable de la communication de Gillette. Une étude menée par la marque en 2010 montrait qu’un homme sur trois est adepte du styling de barbe. Les plus extrémistes vont jusqu’à la barbe longue. Et si la moustache commence aussi à poindre, elle demeure une tendance très marginale.

 

Réconcilier avec le rasage

Reste que ces modes ne font pas le bonheur des GMS. En CAM arrêté au 19 mai 2013, selon le baromètre Nielsen/CosmétiqueMag, l’univers rasage affichait -2% en valeur. En outre, la crise économique incite aussi les hommes à ralentir le rythme. Entre 2009 et 2010, ils sont passés de cinq à quatre rasages par semaine, selon Gillette qui, pour répondre à la fois à ce souci d’économie et aux attentes de style, a lancé l’an dernier le rasoir Fusion ProGlide Styler, un trois en un qui permet de tailler, raser de près et sculpter sa barbe (vendu environ 20 euros). Il est accompagné d’un gel à raser spécifique.

Toujours chez Procter & Gamble, Braun entend pourtant bien réconcilier les hommes avec le rasage. Deuxième intervenant sur l’électrique, la marque a commercialisé cet été CoolTec, un rasoir doté d’un rafraîchisseur thermo-électrique (environ 169 euros). «Nous avons choisi d’innover sur le segment premium pour revaloriser le marché et répondre aux 60% d’hommes qui se rasent moins souvent qu’ils ne le souhaiteraient parce qu’ils ont la peau sensible», précise Magali Elbaz, chef de produit Braun. De son côté, Bic souhaite recruter dès le plus jeune âge avec son nouveau Flex O3 Control, un rasoir conçu pour les adolescents. Quant au site Big Moustache lancé en février, qui livre sur abonnement rasoirs et lames, il comptait déjà en juin plus de 1 500 abonnés, tous à la recherche d’un rasage efficace à prix doux. Et L’Occitane propose depuis avril, dans sa boutique du Carrousel du Louvre, un service de barbier à l’ancienne. La peau douce n’a pas encore rendu les armes !

En savoir + : www.lateliergentlemen.com

Deux questions à Sébastien Paucod, de L’Atelier Gentlemen (coiffeur barbier à Paris)

 

Quelles sont les prestations les plus demandées ?

S.P. : Nous travaillons autant les cheveux que la barbe mais la taille de barbe (15 euros) est notre produit d’appel. Certains clients viennent toutes les semaines, c’est pour eux un vrai moment de détente. Le rasage traditionnel (34 euros), avec le cérémonial de la crème, du blaireau, de la serviette chaude, est ensuite très demandé.

 

Qui sont vos clients ?

S.P. : La clientèle du salon est très variée. Plus de la moitié des clients ne viennent pas du quartier, certains traversent tout Paris pour venir. Beaucoup sont issus du monde artistique, mais il y a aussi des financiers, des avocats, toutes sortes de professions et de milieux. Ces hommes ont envie de prendre soin d’eux et nous constatons une vraie demande de la clientèle masculine pour des soins esthétiques, mais un manque d’offre.
Propos recueillis par M.B.

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