Socio-esthétique : une reconnaissance accrue

© Florence Levillain - Agence Signatures

Le deuxième congrès du Codes* a réuni plus de 350 participants le 15 avril à Paris. La moitié était des socio-esthéticiennes dont le rôle de prise en charge de personnes souffrantes est de plus en plus reconnu par le milieu médical et associatif.

Cela semble une évidence, surtout lorsqu’on écoute les psychologues, cancérologues, présidents d’associations… qui sont intervenus au congrès du Codes : les soins esthétiques font du bien. Pourtant, il a fallu plusieurs années pour les faire admettre dans des établissements médicaux ou des associations d’aide. Aujourd’hui encore, certains doutent. C’est pourquoi n’a de cesse de promouvoir son action à la fois via la formation de socio-esthéticiennes et la réalisation d’études.

Depuis sa création il y a 34 ans, il a formé 1 100 socio-esthéticiennes. Au début, elles étaient une dizaine de candidates. «Aujourd’hui, nous en sélectionnons 45 sur une soixantaine par an. Elles doivent avoir un diplôme d’esthétique d’Etat et au moins deux ans d’expérience, indique Marie-Aude Torres Maguedano, directrice du Codes. A la rentrée de septembre, nous ajouterons une 17e semaine de cours. Globalement, nous avons deux modules : l’un médical (dermatologie, psychiatrie, cancérologie, handicap mental et physique…), le second social (découverte du secteur médico-social, l’addictologie, animation d’ateliers…). Nous sommes le seul centre avec, depuis peu, une école de Montpellier à délivrer un titre professionnel reconnu par l’Etat, inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles.» Le Codes assure aussi une formation continue auprès des anciennes élèves. «Il s’agit de favoriser leur employabilité. Il ne faut pas les spécialiser dans la prise en charge de telle ou telle catégorie de personnes», explique Marie-Aude Torres Maguedano.

Reprendre confiance en soi

Autre action du Codes : la réalisation d’études. Une première sur l’impact de la socio-esthétique auprès de bénéficiaires en situation de réinsertion sociale et/ou professionnelle a été pilotée avec le soutien financier de la Fondation d’entreprise L’Oréal. Selon les résultats présentés l’an dernier au premier congrès, 35% des interviewés considèrent avoir repris confiance en eux. «Deux autres enquêtes sont programmées, une sur l’objectivation des bénéfices émotionnels et cognitifs dans le cadre de la socio-esthétique des personnes âgées, et une sur la socio-esthétique et la cancérologie», a annoncé le professeur Olivier Le Floch, cancérologue-radiothérapeute, président du Codes, dont La ligue contre le Cancer est partenaire depuis quelques mois. «Plus de la moitié des 1100 socio-esthéticiennes exerce dans des services de cancérologie, suivis des établissements de gériatrie. Et il y a de plus en plus de demandes de la part des centres de rééducation, de désintoxication», ajoute la directrice.

Si les structures sont de plus en plus nombreuses à intégrer la socio-esthétique, elles se heurtent souvent à son financement. «L’Ecole de la 2e chance à Moulins, dans l’Allier, accueille 200 jeunes. Je n’ai pas le budget pour des soins esthétiques individuels. Un socio-esthéticien intervient collectivement un après-midi par semaine, reconnaît Camille Saulce, directrice de l’école. Il réussit à faire passer des messages, les jeunes l’écoutent davantage que les éducateurs.» La beauté est loin d’être futile.

Marionnaud : une approche inédite

Partenaires de longue date en faveur de la beauté des femmes hospitalisées, Marionnaud et CEW (Cosmetic Executive Women) ont démarré un programme inédit visant à offrir, dans certaines parfumeries, un accueil spécifique pour les personnes malades. Onze conseillères et esthéticiennes de la chaîne ont reçu l’an dernier une formation dispensée par des esthéticiennes intervenant dans les centres de beauté CEW implantés dans 24 hôpitaux. Il s’agit maintenant de déployer cette initiative à l’échelle nationale. C.G.

Facebook
Twitter