Carte blanche : juliette Karagueuzoglou

© Hajime

Cette amoureuse des expériences olfactives, formée entre Grasse, New York et Paris, a vu l’une de ses compositions récompensée à la dernière édition française des Fifi Awards.

Les hommes et les femmes qui ont compté

«J’ai rencontré beaucoup de personnes qui ont été mes bonnes étoiles tout au long de mon parcours professionnel. Trois d’entre elles m’ont permis de prendre un tournant dans ma carrière. Philippe Collet chez Expressions Parfumées, grâce à qui j’ai intégré cet univers, m’a appris à mémoriser les matières premières et à les décrire avec rigueur. Ensuite, Anne Flipo m’a offert ma première opportunité importante sur un projet majeur pour IFF et Sophie Labbé est devenue mon mentor. Ce sont mes bonnes fées de la parfumerie.»

 

Les sources qui l’inspirent

«Je suis née le “nez au vent” : depuis toujours je découvre le monde par l’olfaction et suis curieuse de toute expérience. J’aime être saisie par une émotion olfactive et retrouver quelque chose de primitif en moi. Les odeurs qui agrémentent une balade en famille, une nouvelle molécule, un cocktail dégusté… J’aime d’ailleurs beaucoup travailler avec des aromaticiens car nos échanges sont riches et me permettent de trouver de nouvelles façons de créer des émotions. Subtilement intégrées dans une fragrance, ces notes, qui font partie de références connues, permettent d’apporter une accroche et une lisibilité qui touchent le consommateur.»

 

Les matières premières qui l’ont marquée

«J’aime toutes sortes de matières mais je dois avouer une préférence pour celles qui offrent une vibration et un sillage particuliers. L’une de mes plus belles émotions reste liée à la visite de l’usine d’extraction du Laboratoire Monique Rémy, en Lozère. Je suis entrée dans la pièce chaude où l’on fait sécher les rhizomes d’iris et ce fut un choc ! Les notes boisées sont également en bonne place dans mon répertoire car elles apportent une texture et une présence uniques à un parfum. Il y a bien sûr toutes les essences naturelles, mais aussi le Cashmeran, molécule faite de tensions entre rondeur et verticalité, énergie et douceur. Je citerais ensuite l’ambre gris, qui reste une note unique dans la palette du parfumeur : un peu sale mais si sensuelle…»

 

Les parfums qu’elle porte

«Comme beaucoup de nez, je teste souvent mes créations afin de les suivre sur peau. En revanche, j’ai des parfums que j’aime retrouver ou des compositions plus récentes que je porte par pur plaisir. Les premiers sont liés à des personnes proches et qui ont bercé mon enfance comme Magie Noire de Lancôme ou Cabochard de Grès. Les seconds sont des coups de cœur, comme Jasmin Noir L’Eau Exquise de Bulgari, qui est mon parfum du moment.»

Son parcours

Juliette Karagueuzoglou a 13 ans lorsqu’elle entend parler pour la première fois du métier de parfumeur par l’une de ses tantes. Elle y voit clairement sa vocation. Après un baccalauréat scientifique et une licence de chimie, elle entre à L’Isipca et travaille en alternance chez Expressions Parfumées, à Grasse pendant deux ans. En 2002, elle rejoint IFF, où elle suit un training de trois ans avec les parfumeurs à Paris, avant d’intégrer l’école de la maison en janvier 2006, où elle étudie entre Grasse et New York. De retour à Paris en 2007, elle devient parfumeur junior. Elle est l’auteur de VIP for Her de Playboy (Fifi Award 2013 du parfum féminin en grande distribution), de Signorina de Salvatore Ferragamo (avec Sophie Labbé), ou encore de Tous Kids Boy.

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