Production : cECAF élargit sa palette

L'an dernier, Cecaf a racheté deux entreprises dont les activités sont aujourd'hui regroupées sur le site de Saint-Cyr-en Val. © Cecaf

Cédric Troussard a constitué le groupe Cecaf à partir d’une activité de conditionnement de maquillage en poudre. Il est aujourd’hui à la tête d’un prestataire full service qui lorgne l’export.

Des pigments s’incrustent dans le sol des salles abritant les mélangeurs des fonds de teint. Plus loin, dans une salle de 800 m2, quatre lignes de remplissage de produits de soin occupent une quarantaine d’opératrices. Près des bureaux, une machine à cartelettes attend un ultime réglage. «Comme pour beaucoup de nos équipements, il s’agit d’un procédé maison, que nous avons développé pour coller des échantillons sur des supports imprimés distribués par nos clients. L’automatisation permet d’adapter le nombre de collages et leur taille», montre Cédric Troussard, PDG de Cecaf.
Ces capacités industrielles s’ajoutent au cœur de métier de Cecaf, le conditionnement à façon de maquillage dans les étuis, palettes et autres coffrets de Noël ou de fête des Mères, qu’il réalise dans son usine principale de Saint-Jean-de-Braye, près d’Orléans (Loiret). Un savoir-faire lancé en 1989, et qui se vend à tous les grands donneurs d’ordre de la cosmétique.
Depuis qu’il a racheté ce sous-traitant en 2010, Cédric Troussard a cherché à s’adjoindre des compétences et des moyens de production complémentaires. A partir du socle Cecaf, constitué par une société d’une cinquantaine de salariés, il a acquis deux autres activités. Tout d’abord l’Atelier de conditionnement du Centre (ACC), à Saran (Loiret), devenu Atelier de conditionnement du Loiret (ACL), puis le fabricant de poudres Cosmetic Collections Maquillage l’été dernier, à Saint-Cyr-en-Val, également dans le Loiret, devenu Cecaf Maquillage. L’ensemble emploie 120 salariés et a réalisé 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012. «En ajoutant les laboratoires Nao, créés par mon épouse Célie Troussard, nous avons un groupe full service allant de la formulation au conditionnement», ajoute le manager. Nao (sept salariés, 320 000 euros de chiffre d’affaires) possède la marque de capillaires Capillor et exploite la licence de produits pour enfants Drôles de Petites Bêtes. L’objectif : sortir d’une rentabilité d’industriel du conditionnement, autour de 5%, «afin d’accroître la marge opérationnelle». Dès 2013, le chiffre d’affaires sera en croissance de 8 à 10%, selon Cédric Troussard.

Du made in Orléans pour la Chine

Pour rationaliser son organisation, CECAF vient de regrouper des activités sur une ancienne propriété de Gemalto, le champion de la carte à puce et spécialiste de la relation client, à Saint-Cyr-en-Val. Ce déménagement libère 1 200m2 sur le site de Saran pour du stockage. «Avec les 4 100 m2 de Saint-Cyr-en-Val, nous augmentons la production. De plus, l’enceinte est sécurisée, ce qui rassure nos clients», indique Cédric Troussard. Autre avantage, la surface à bâtir disponible, soit 31 000 m2. Dans un premier temps, Cecaf projette de s’étendre de 2 500 m2 pour accroître la surface de stockage et se doter de nouvelles salles sous atmosphère contrôlée. Le projet n’est pas finalisé et possède deux versions, comprises entre 1 et 3 millions d’euros. «Cela dépendra du développement commercial», souligne-t-il.
Fort de ces nouvelles capacités, le PDG a commencé à prospecter à l’étranger, en s’appuyant sur le pôle de compétitivité de la Cosmetic Valley. «Notre activité est encore 100% française, mais je sais que l’on retrouve nos palettes à maquillage dans les duty free des aéroports du monde entier», sourit-il. Des contacts sont pris avec des Colombiens, des Russes, des Turcs. Et Jahwa, le L’Oréal chinois, est venu à Orléans. «Il souhaiterait que nous produisions pour son marché des produits estampillés made in France», dévoile Cédric Troussard.

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