Parfum : petit précis olfactif

Le parfum a lui aussi son jargon marketing. Voici six questions-réponses pour mieux le comprendre.

1. Flanker, édition limitée et déclinaison, du pareil au même ?

Non. A l’instar d’Alien Essence Absolue ou Coco Noir, le flanker est une nouveauté olfactive qui reprend une partie du nom, voire du packaging, d’un parfum existant, avec une filiation olfactive ténue. Une édition limitée – souvent interprétation, parfois vraie création – n’est vendue que le temps d’une saison. Escada en a fait un de ses points forts. Une déclinaison propose quant à elle une nouvelle concentration (cologne, eau de toilette…).

 

2. Les fleurs peuvent-elles être « muettes »?

Oui. Elles ne sont qu’une dizaine à «parler», en fait à être distillées : rose, jasmin, ylang, tubéreuse, fleur d’oranger, narcisse ou mimosa. Et chez certaines, ce n’est pas la fleur qui est exploitée mais le rhizome pour l’iris ou les feuilles vertes pour la violette. Les autres fleurs, trop fragiles ou au rendement trop faible, sont dites muettes. Le muguet ou le lys en sont des archétypes ; mais on reproduit leur parfum par la combinaison d’autres naturels ou de notes de synthèse comme l’a fait Cartier avec le lys pour Baiser Volé.

 

3. Une famille, un accord, une facette, des nuances ?

Oui. Un accord est l’association de deux ou plusieurs matières premières odorantes. Plusieurs accords, dont généralement un dominant, forment le parfum, permettant de le classer dans une famille olfactive (fleuri, chypré, etc.). Une facette est un effet obtenu par plusieurs notes semblables (effet fruité, poudré, vert…) qui contribue à l’identité du jus. Ainsi J’Adore est un parfum fleuri avec une facette fruitée de pêche-prune

 

4. Est-il possible de prendre une photo olfactive de la nature ?

Oui. La technique de l’Headspace place la plante sous une cloche analysant sa composition chimique. Puis on reproduit son parfum en laboratoire. Selon les maisons, le procédé s’appelle Scent treck (Givaudan), Nature print (Firmenich), Living flower technology (IFF)… Ce procédé ne se limite pas aux odeurs de la nature. Ainsi, 34 Diptyque a été construit à partir d’un Headspace… d’une boutique de la marque !

 

5. Le brief est-il obligatoire ?

Oui et non. Point de départ de la création, il est imaginé par une équipe marketing ou un créateur qui transmettent leurs souhaits à un parfumeur ou plusieurs, ces derniers travaillant de plus en plus en équipe. Aujourd’hui, il inclut souvent l’histoire et les valeurs de la marque mais aussi la cible, la famille olfactive désirée ainsi que le coût de revient maximal. Certaines marques de niche expliquent avoir fait des parfums sans brief, mais il y a toujours une idée de départ.

 

6. Une molécule de synthèse est-elle un dérivé du pétrole ?

Pas forcément. En parfumerie, un produit de synthèse n’est pas défini par son origine, qui peut être issue de produits entièrement naturels, mais par le processus d’obtention, soit une réaction chimique, contrairement à physique ou enzymatique. La synthèse permet de créer des molécules odorantes qui n’existent pas dans la nature, comme les notes marines. Et ce ne sont pas forcément des substituts économiques : certains coûtent très cher, de 500 euros à plusieurs milliers d’euros le kilo (comme l’Ambroxan/Ambrofix, le Javanol à l’effet santalé, ou la dynamone dérivée du ciste labdanum). Par ailleurs, la chimie permet de remplacer des matières naturelles qui font défaut ou dont l’usage est limité par la réglementation, comme l’ambre ou le musc.

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