Maquillage : les vernis s’essaient au naturel

Le «bar à ongles écologique» de Kure Bazaar, au Bon Marché. DR

Les propositions bannissant les ingrédients jugés trop chimiques se développent. Reste que le Graal du vernis rouge, impeccable et certifié bio n’est pas encore atteint.

Parallèlement au nail art émerge une offre de vernis aux compositions les plus naturelles possible. Une (Bourjois) a ainsi lancé en février sa gamme Nail Colour (huit teintes plus une base & top coat, 12,90 euros le flacon de 10 ml). «Nous avons bénéficié d’une très belle mise en avant chez Monoprix», se félicite Sophie Dugué, directrice de la marque. Imaginée par le top model Kartika, la marque Kure Bazaar a débarqué au Bon Marché en mai 2012 avec un «bar à ongles écologique» installé au premier étage du grand magasin. Elle est maintenant aussi distribuée dans des points de vente comme le drugstore des Champs-Élysées ou Franck & Fils ainsi que chez Mademoiselle Bio, soit une vingtaine de portes en France. «Nous sommes toujours dans des endroits avec une très forte implication soit mode soit écologique», précise Christian David, co-fondateur de la marque. Kure Bazaar aligne 37 coloris de vernis et trois soins (10 ml, 16 euros). La marque américaine Scotch Naturals (34 tons de vernis à ongles non toxiques à base aqueuse) est aussi en vente depuis mars sur le site bazar-bio.fr (15 ml, 14 euros).

Les contraintes du biologique

Pour sa part, Couleur Caramel vient d’élargir sa collection permanente (treize couleurs, trois french et trois soins, 10,10 euros le flacon de 8 ml) de sept nouvelles teintes, plus trois éphémères pour l’été 2013. La marque de Nature Cos, qui fête ses dix ans, est présente dans 2800 points de vente en France (instituts, salons de coiffure et magasins bio). La grande majorité de son offre est bio, mais pas les vernis. «Ils sont sans parabène, sans toluène, sans formol et sans colophane mais des vernis bio restent difficiles à formuler. Nous avons privilégié la qualité, la tenue et une couvrance suffisante», explique Carole Thomas, directrice marketing de Nature Cos. «On peut formuler un vernis le plus proprement possible en enlevant colophane, toluène, nickel ajouté, camphre et formaldéhyde mais une formule bio ne me paraît pas réalisable à l’heure actuelle», estime de son côté Doris Maute-Bobillier, responsable R&D de Mavala, dont les vernis sont bien sûr exempts de ces composants.

Léa Nature avait fait en 2011 une tentative avec des vernis certifiés Ecocert et labellisés Cosmébio sous la marque So’Bio Étic. La commercialisation a été arrêtée car ils ne répondaient pas aux attentes des consommatrices. Le remplacement de la nitrocellulose par une gomme naturelle rendait par exemple difficile le démaquillage de l’ongle. Le groupe travaille toujours cependant à l’amélioration de la formule.

La couleur en majeur

De plus, le choix du bio limite drastiquement les possibilités colorielles. «On ne peut pas pour le moment faire de vrai rouge, confirme Michèle Gareau, directrice de la formulation chez Une. C’est en termes de couleur qu’il est le plus difficile d’avancer. Car d’une manière générale, sur les compositions d’origine naturelle, la formulation avance tous les jours.» Chaque flacon Une arbore le chiffre indiquant le pourcentage d’ingrédients d’origine naturelle, qui varie selon la couleur et les pigments (minéraux) utilisés. La nitrocellulose et les solvants sont d’origine végétale.

Kure Bazaar a également opté pour des plastifiants et des solvants d’origine végétale. Et pour des pigments minéraux. «C’est vraiment lié au positionnement de la marque. Il ne serait pas possible d’obtenir autant de couleurs mode avec des colorants végétaux», souligne Christian David. Kure Bazaar joue en effet autant sur ce levier que sur celui de la naturalité. Les ongles beaux et bio devront attendre encore un peu.

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