Label : l’origine géographique, un enjeu ?

Authenticité, ancrage territorial, savoir-faire local… Les marques sont de plus en plus nombreuses à mettre en avant ces arguments pour séduire et rassurer les consommateurs. Certaines se sont d’ailleurs regroupées pour promouvoir leur image régionale, à l’instar de Corsica Cosmetica, qui fédère une dizaine de marques autour de la filière cosmétique de l’Ile de Beauté. Dernière initiative en date, le lancement d’Authentique Provence le 30 avril dernier. Créée par Cosmed et une trentaine d’entreprises cosmétiques, l’association a vocation à décerner un label aux PME-membres qui commercialiseront des produits conçus et fabriqués en Provence (Paca, Drôme et Gard) et utilisant au moins un ingrédient provençal. Ces démarches entrent en résonnance avec le projet du gouvernement visant à étendre aux produits manufacturés l’indication géographique protégée (IGP), jusqu’alors réservée aux produits agricoles et alimentaires. Xavier Torre, président de Corsica Cosmetica, fondateur de la marque Testa Maura, ne cache pas que « l’IGP est un sujet sur lequel nous travaillons avec nos partenaires. Nous y sommes favorables car tout ce qui peut permettre au consommateur de s’y retrouver facilement est bénéfique. Après, ce qui pose problème, est le référentiel à utiliser». Le groupe Batteur, propriétaire des marques Algotherm ou Naturelle d’Argan, s’interroge sur les contraintes liées à ce label. «Est-ce exploitable d’un point de vue marketing ?, se demande en outre Stéphanie Motier, responsable communication du pôle cosmétique du groupe. Les conditions d’utilisation du label IGP doivent encore être précisées. Comme il est surtout connu du grand public pour l’agroalimentaire, un certain temps sera nécessaire pour l’appliquer aux cosmétiques.» Géré en France par l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité), l’IGP «désigne des produits agricoles et des denrées alimentaires dont les caractéristiques sont étroitement liés à une zone géographique, dans laquelle se déroule au moins leur production, leur transformation ou leur élaboration», selon la définition donnée par le site du ministère de l’Agriculture.

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