Défilés automne-hiver 2013-2014 : changement de code

Après un été frais et pimpant, le maquillage sera plus sombre cet hiver et viendra bousculer les habitudes : à peine maîtrisés, certains gestes évoluent pour surprendre.

Une bouche aux rouges profonds

Les défilés d’Alexis Mabille ou de Véronique Leroy en sont la preuve, la bouche bien rouge est toujours d’actualité. La couleur, sur un teint porcelaine, est particulièrement chargée en pigments. Un classique que certains n’hésitent plus à accompagner, bousculant les standards du bon goût, d’un maquillage fort sur les yeux, à l’instar de Shu Uemura pour Tsumori Chisato. Les lèvres sombres, déjà à l’honneur l’hiver dernier, reviennent en version mate grâce à Tom Pecheux, pour Estée Lauder, qui signe le maquillage du défilé Anthony Vaccarello. Chez Rue du Mail ou Dior, le rouge est légèrement plus estompé pour laisser un effet tie & dye. Quant à Shu Uemura, il pousse plus loin le bicolore, sur le défilé Jean-Charles de Castelbajac, en prenant le parti de ne pas maquiller toute la bouche, mais juste la lèvre supérieure.

 

Des yeux soulignés au crayon

Pratique et facile à manier, le crayon pour les yeux est à la mode et s’adapte à toutes les fantaisies. Spécialiste de cet outil, Nars l’utilise de façon classique chez Christopher Kane ou 3.1 Phillip Lim, traçant un trait sous l’œil, mais ose des déclinaisons plus graphiques chez Acne, où il délaisse le noir pour un bleu nuit, et prend au final de l’audace pour le défilé Creatures of the Wind, utilisant de gros crayons à lèvres mats appliqués en aplat sur les yeux des mannequins. Chez Dior aussi, le trait est précis et les yeux se parent d’accents argentés riches en pigments. Œillade métallique également à l’honneur chez Chanel, où le coup de crayon sous les yeux vient appuyer un liner fait de grosses paillettes sur la paupière et les cils.

 

Un smoky délavé

Alors que les kits pour réussir son smoky eye comme une pro se multiplient sur le marché, le genre délaisse son côté rock pour adopter un style plus grunge. Si la technique reste la même, les couleurs sont un peu effacées, à l’image du maquillage Givenchy ou de celui d’Anthony Vaccarello. Chez Roland Mouret, Val Garland, la make-up artist de Nars, a opté pour un noir classique, mais avec un liner et un fard crème très estompé. Quant au défilé Marc Jacobs, crayon et effet délavé sont mixés pour moderniser une allure rétro.  

 

Un visage sculpté

Si le teint parfait a toujours été de rigueur sur les podiums, où il est parfois la seule vedette, il évolue aussi. La technique du contouring, tendance forte aux Etats-Unis où les tutoriels vidéo se multiplient sur le Web (lire p. xx), produit des visages presque nus, comme aperçu chez Chloé, mais parfaitement définis. Chez Lanvin, le teint est «glowy» et joue tout particulièrement sur la mise en lumière du visage. Le blush permet aussi de sculpter facilement et efficacement les contours lorsqu’il est appliqué en équilibre entre la pommette et le creux de la joue, comme chez Helmut Lang, dans un maquillage signé Nars. Chez Isabel Marant, ce n’est pas un mais deux blush que Tom Pecheux, pour Estée Lauder, a appliqués sur l’égérie de la marque, Arizona Muse. La palme du contraste revient à Alexander Wang, créateur pour lequel Diane Kendal (Nars) propose un maquillage minimaliste avec une poudre claire qui apporte du relief, le creux des joues étant accentué par une poudre plus foncée.

 

Un sourcil redessiné

Si le sourcil naturel a déjà fait son retour auprès du grand public, sur les podiums, il s’accorde quelques folies. Chez Jean Paul Gaultier, des filles au look de punkettes les arboraient épais, en contraste avec des crinières blondes. Idem chez Marc Jacobs, où Nars fonce à plaisir les sourcils des mannequins. Même maquilleur encore chez Thakoon, où un trait de crayon posé au-dessus des sourcils vient agrandir le regard, et chez Rodarte, où le wet look des coiffures influence le maquillage – paupières et surtout sourcils laqués avec du brillant à lèvres.  

 

Un ongle soigné

Si le nail art semble avoir épargné les défilés, l’ongle n’en est pas moins parfaitement manucuré. Chez Isabel Marant, Christina Conrad a utilisé un vernis nude, Ballerina Pink d’Estée Lauder. Essie, partenaire de plusieurs défilés, a aussi opté pour le nude chez Véronique Leroy, Lanvin ou encore Jean Paul Gaultier. Parmi ceux qui ont fait le pari de la couleur, Chanel a choisi un rose soutenu, tandis que d’autres ont détourné la traditionnelle french manucure : bicolore chez Alexis Mabille et pailletée chez Anne Valérie Hash (deux manucures signées Essie). 

Facebook
Twitter