Cofinluxe : jean-Pierre Grivory

Jean-Pierre Grivory. DR

Cofinluxe réalise la majorité de son activité en Russie, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. Cela tient en grande partie à la personnalité de son fondateur, qui a appris le métier de concepteur et de distributeur de parfums à l’international.

«A la sortie d’HEC, j’ai eu deux opportunités : rejoindre l’entreprise Berliet ou la société Mont St Michel. La première m’engageait en tant que cadre à condition de passer un an à monter et démonter des camions, la seconde me demandait de commercialiser sa cologne et son parfum Vigny (Heure Intime) dans le monde. Ma sensibilité allait plus vers les parfums», explique Jean-Pierre Grivory, fondateur de Cofinluxe. «Si j’avais choisi la première option, je ne pense pas que j’aurais pu monter ma société de camions», ironise-t-il. Cette expérience lui a permis de découvrir le métier de commercial mais aussi celui de fabricant de parfum. «J’étais chargé du développement de la marque en Afrique, au Moyen-Orient et au Brésil. Nous avions également des fabrications locales», ajoute-t-il.

Nommé directeur export adjoint au milieu des années 1970, Jean-Pierre Grivory propose à son employeur, le groupe Delalande (depuis, la marque Mont St Michel a été vendue à Henkel), de lancer des eaux de toilette à des prix accessibles, que lui réclament les distributeurs de différents pays. Après avoir essuyé un refus, il ira au bout de son projet mais pour son propre compte. Sa société, Cofci, lance deux féminins, Number One et Else, puis, en 1979, Café, une ligne qui rencontre aujourd’hui encore un gros succès en Amérique du Sud. Une centaine de fragrances voient le jour. «Dans les années 1980, avec le développement des “me too” qui concurrençaient mon offre, j’ai dû changer de stratégie : je devais m’appuyer sur une marque, un nom connus», explique le PDG.

Son artiste préféré : Dali

A défaut d’un couturier, il part sur l’idée d’un «parfum d’art» et contacte son artiste préféré : Salvador Dali. Celui-ci répond quinze jours après. Le premier parfum Dali, un féminin, sort en 1983, d’abord en édition limitée dans un flacon cristal dessiné par l’artiste lui-même à partir de sa toile Apparition de l’Aphrodite de Cnide. Il est vendu dans la parfumerie Douglas de la rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris, et dans deux points de vente, à New York et au Moyen-Orient. Deux ans après, la même fragrance, conditionnée cette fois dans un flacon en verre, est diffusée dans vingt-cinq pays puis, très vite, dans une centaine. «En France, quand je l’ai présentée aux parfumeries traditionnelles, je n’ai pas soulevé un grand enthousiasme, se souvient Jean-Pierre Grivory. Seul Dominique Mandonnaud, alors propriétaire de Sephora et amateur d’art, lui a accordé une place importante.»

Avec la concentration de la distribution sélective, les parfums Dali voient le nombre de leurs distributeurs diminuer. Aujourd’hui, la diffusion est limitée à 300 portes pesant 4,5% dans le chiffre d’affaires (contre 15% dans les années 1990). D’où l’ouverture d’un site marchand en 2012 pour répondre à la demande de clientes ne trouvant plus leurs parfums Dali. Ceux-ci principalement vendus à l’international, représentent 70% de l’activité de Cofinluxe. 20% sont réalisés par les parfums sous licence Charriol, joaillier-horloger suisse, lancés en 2008 et présents dans une quarantaine de pays (hormis la France). Le reste vient des eaux de toilette accessibles type Café, la première activité du groupe.

 

Légende photo

Jean-Pierre Grivory a fêté les 30 ans des parfums Dali lors de l’exposition consacrée à l’artiste au centre Pompidou, à Paris, en février dernier.

Son parcours

Après ses études, Jean-Pierre Grivory est chargé de développer la marque Mont St Michel en Afrique et au Moyen-Orient. En 1976, il crée sa société de parfums : Cofci (Compagnie française de commerce internationale), devenue Cofinluxe (Compagnie financière de luxe) en 1998 en vue d’une introduction en Bourse qui n’aura pas lieu. Son portefeuille comporte les parfums Salvador Dali et, uniquement à l’international, ceux sous licence Charriol ainsi que des eaux de toilette accessibles. La société a également eu sous licence les parfums Chaumet avec Claudia Schiffer comme égérie, Morgan et Andy Warhol.

Facebook
Twitter