les ongles prometteurs des jeunes filles

Elles sont encore au collège, mais alignent déjà sur la commode de leur chambre une vingtaine de flacons de vernis. Si les jeunes filles n’ont, la plupart du temps, le droit de se peindre les ongles que le week-end sur injonction maternelle ou pour suivre le règlement de leur établissement scolaire, elles sont spécialistes de l’offre, des points forts et faibles de chaque marque. Elles savent où et quand aller chercher un petit prix, choisir le bon pinceau, la couleur du moment. Il faut dire que le marché se met en quatre pour capter cette clientèle addict. Avec ses petits prix, Kiko n’en finit pas d’investir les centres commerciaux, dont So Ouest, l’un des derniers ouverts, qui comprend aussi un bar à ongles. Sephora, tout comme les grands magasins, proposent des nail bars. Bourjois ouvre même une boutique en propre pour exposer la largeur de son assortiment et tester de nouveaux services, comme la possibilité, pour 1 euro, de choisir une couleur et de l’appliquer soi-même. Les marques du sélectif misent sur leur expertise couleur.

On le voit, tous les circuits jouent le jeu. Même la division Produits professionnels de L’Oréal entend redévelopper les services manucures en salon de coiffure avec Essie. Bref, nos jeunes filles font face à une sursollicitation commerciale qui va les rendre très expertes. Initiées de la sorte aux achats beauté, il y a fort à parier qu’elles deviendront de redoutables consommatrices de soins. Un bel enjeu d’avenir pour les équipes marketing.

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