Carte blanche : guillaume Flavigny

Lycéen fasciné par les fragrances, le futur parfumeur réoriente ses études vers la chimie pour être accepté à l’Isipca. Dès sa sortie de l’école, il intègre le centre de formation de Givaudan.

Les matières premières qui l’ont marqué

«La fève tonka résonne particulièrement en moi. J’ai eu la chance d’aller au Venezuela, de vivre le quotidien des Indiens qui la ramassent… Une intimité s’est construite et la fève tonka a maintenant l’odeur des sourires des enfants qui, nombreux, m’ont accueilli. À mon retour, j’ai demandé à la société Biolandes de développer de la tonka torréfiée afin de laisser la facette onctueuse caramélisée s’exprimer confortablement au lieu de la note foin coumarinée. Le résultat est délicieux et revient souvent dans mes créations.»

Les hommes qui ont compté

«C’est en lisant, à l’âge de 16 ans, Edmond Roudnitska que la révélation s’est imposée avec intensité et précision ! à travers ce précieux ouvrage, je me suis passionnément reconnu dans le métier de parfumeur et, aujourd’hui encore, je me sens habité et porté par ses valeurs. Puis Antoine Lie m’a concrètement aidé à faire la transition entre l’école Givaudan et la réalité du métier.»

Les sources qui l’inspirent

«Elles sont multiples : un regard, une rencontre, une photo, une ambiance, une musique… Mais la composition d’un parfum commence par l’amour de ses matières premières. J’aime les côtoyer dans leur intimité, sur leur lieu de culture, jusqu’à en être habité, puis les révéler dans une création qui doit toujours avoir du sens. Je suis comme un passeur d’émotion, l’objectif est de la faire jaillir. Un parfum s’écoute autant qu’il se respire et c’est à l’intensité de l’émotion ressentie que l’on mesure sa beauté.»

Les parfums qu’il porte

«Je porte plutôt mes créations, même si je suis plein d’admiration pour certains jus du marché. Ce qui m’intéresse, c’est la valeur de l’amour que le parfum véhicule. J’aime essayer de mettre en odeur une musique, le plaisir, l’amour, comme dans le jus que j’ai créé pour le prix du jeune parfumeur 2002 (In the Mood for Love), Ambre Gris de Balmain… Féminins, ou dits masculins, si les parfums n’ont pas forcément de sexe, ils peuvent être terriblement sexuels !»

Son parcours

Adolescent, Guillaume Flavigny arpente les parfumeries mais aussi les librairies pour enrichir sa culture. Lorsqu’il tombe sur le «Que sais-je ?» d’Edmond Roudnitska consacré au parfum, il comprend que cela ne relève pas que du rêve. Il obtient son bac économie et social et le repasse dans une section scientifique pour s’ouvrir les portes de l’Isipca, qu’il intègre en 1998. Cinq ans plus tard, à 27 ans, il rejoint l’équipe parfumerie fine de Givaudan. Depuis, il y a créé, notamment, une Eau de Sisley, Cèdre Olympe pour Armani Privé, Azzaro Duo Men (avec Antoine Lie), The One Sport de D&G (avec Nathalie Cetto), Amber pour Homme chez Iceberg ou Ambre Gris de Balmain, deux jus qui lui sont chers car Ambre est aussi le prénom de sa fille. Mais sa création préférée reste peut-être celle qui lui a valu le Prix du jeune parfumeur en 2002.

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