Saga d’entrepreneur : Charles Kloboukoff

Le président fondateur de Léa Nature s’est «mis au vert» non pas par mode mais par conviction. Depuis vingt ans, il vante les propriétés des ingrédients naturels et bio présents dans ses cosmétiques, tout en défendant des valeurs environnementales et sociales.

Quand la centrale d’Intermarché lui demande de mettre en place une collection de produits bio, Charles Kloboukoff accepte sans tarder. Fort de cette expérience, cet adepte de la santé naturelle crée, quelques années plus tard, en 1993, sa société Léa-Institut Vital (aujourd’hui devenue le groupe Léa Nature), spécialisée dans la phytothérapie. Jusqu’à ce qu’une cliente lui avoue percer les gélules de certains compléments alimentaires pour s’appliquer la formule directement sur la peau. «Ce fut le déclencheur, affirme-t-il. Pourquoi ne pas proposer une alternative à la cosmétique issue de la pétrochimie ? C’était à la fois un défi et un clin d’œil à ma tante, qui avait réalisé toute sa carrière chez L’Oréal. “Tu t’aventures sur un marché de géants”, m’avait-elle averti.»

Développer l’international

Charles Kloboukoff commence par des huiles et des savons Fleur de Beauté, puis des soins. «Peu d’entreprises étaient alors capables de fournir des ingrédients naturels pour la beauté, se souvient le PDG de Léa Nature. Depuis, la cosmétique naturelle a bien avancé mais elle a encore des progrès à faire pour toucher un public plus large. La médiatisation des parabènes ou des sels d’aluminium a été favorable à l’émergence de certains produits bio. Cela prouve qu’il faut être pédagogue pour les vendre.» Si la plupart des cosmétiques sont commercialisés en GMS, le groupe (CA 2011 : 120 millions d’euros, dont 23% en beauté) avait ouvert, il y a quelques années, une boutique à Paris dans le quartier de Montparnasse. Une tentative peu concluante. «La priorité n’est pas d’avoir notre réseau. Nous ne voulons pas concurrencer nos clients distributeurs. Même si nous ouvrions des magasins, ce serait avec une marque et un positionnement différents, déclare Charles Kloboukoff. Dans l’immédiat, nous nous consacrons à l’exportation des produits, notamment en Asie, pour passer de 5% à 20% le poids de l’international dans le chiffre d’affaires d’ici à cinq ans. Mais avant, nous devons adapter les formules et le marketing aux spécificités des marchés. Nous avons investi dans quatre laboratoires de recherche réunissant une trentaine de personnes et dans une unité de fabrication répondant à des normes plus strictes puisque nous n’avons pas de conservateurs dans les cosmétiques bio.»

L’engagement du groupe ne s’arrête pas là. Il prend position en matière d’environnement et de santé publique avec des campagnes de sensibilisation sur la disparition des abeilles, la loi OGM, reverse 1% du chiffre d’affaires de ses marques bio à des associations de protection environnementale en tant que donateur du club international “1% pour la planète”, etc. Charles Kloboukoff est également membre de plusieurs fondations, dont «Fier de mon quartier», à La Rochelle, pour développer le lien social. «Au-delà des critères économiques, l’entreprise a un rôle à jouer dans la gestion harmonieuse des équilibres écologiques et sociaux.»

Son parcours

Diplômé de l’École supérieure de gestion de Paris, Charles Kloboukoff commence sa carrière chez Intermarché. Puis il rejoint Le Laboratoire Élysée comme directeur marketing et international. En 1993, il crée sa société en région parisienne, avant de la déménager à La Rochelle en 1996, privilégiant la qualité de vie. La même année, il se lance dans les produits de beauté dont le portefeuille est aujourd’hui composé de So’Bio Étic et Floressance (GMS), Lift’Argan, Natessance et Eau Thermale Jonzac (parapharmacies, magasins bio). Le groupe Léa Nature, est également présent dans la diététique, la santé et l’alimentation bio.

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