Licences : BPI et Interparfums se diversifient

Confrontés tous deux à la perte de leur licence phare, respectivement Jean Paul Gaultier à l’horizon 2016 et Burberry dès la fin mars 2013, BPI et Interparfums sont à l’affût de nouvelles licences pour préserver leur modèle économique. Le premier a annoncé le 21 janvier la signature d’un contrat de treize ans avec Azzedine Alaïa, maison de couture appartenant au groupe Richemont dont ce sera le premier parfum en sélectif. «Quel magnifique défi pour BPI que de traduire en parfum l’univers d’Alaïa, qui rayonne depuis trente ans dans la mode. Ses vêtements sont les manifestes de la célébration du corps des femmes», a déclaré Rémi Gomez, président de BPI, filiale de Shiseido. Couturier d’origine tunisienne, Azzedine Alaïa s’insère avec cohérence aux côtés des autres créateurs du groupe : Issey Miyake (licence acquise en 1992), Narciso Rodriguez (2003) et Elie Saab (2011). D’autres annonces sont attendues pour compenser le départ pour Puig de Jean Paul Gaultier, qui réalise 60% du chiffre d’affaires de BPI.

De son côté, Interparfums a anticipé depuis déjà plusieurs mois la perte de Burberry, qui pesait en 2012 53% du chiffre d’affaires (234,7 M€ sur 445,5 M€). Le groupe présidé par Philippe Benacin place de grandes ambitions dans la licence Karl Lagerfeld, reprise à Coty Prestige et pour laquelle il repart de zéro avec un duo masculin-féminin prévu l’année prochaine. Il s’appuie également sur Montblanc, qui pèse environ 10% du CA (46,1 M€), en hausse de 51% grâce au succès mondial de Legend, et doit accueillir au printemps 2014 une seconde ligne masculine. «Montblanc et Karl Lagerfeld sont deux marques stratégiques qui peuvent prendre le relais de Burberry, assure Philippe Benacin. Montblanc devrait devenir notre première marque en 2014.» Après les reprises de Boucheron et Balmain, les lancements de Jimmy Choo et, cette année, de Repetto, Interparfums continue de rechercher des accords, en licence ou en marque propre, dans les parfums, les cosmétiques mais aussi le luxe. Fort des 181 M€ d’indemnités de sortie versés par Burberry (100 M€ nets après impôt, amortissements et provisions), il disposera à l’été 2013 d’une trésorerie nette de 200 M€ qu’il compte utiliser pour réaliser des acquisitions. Il se murmure que BPI reprendrait la distribution en France des parfums Burberry, mais le groupe ne fait pas de commentaire.

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