Immobilier commercial : le luxe dope les loyers

Les emplacements numéro un sont toujours autant recherchés par les enseignes de luxe et internationales. Cette demande participe à la hausse des valeurs locatives.

«2012 a été marquée par une bipolarisation du marché de l’immobilier commercial. Cette tendance devrait se confirmer cette année», estime Christian Dubois, directeur général de la société conseil Cushman & Wakefield. Alors que les adresses secondaires sont désaffectées par les enseignes et connaissent une baisse des valeurs locatives, les rues très commerçantes et les grands malls sont de plus en plus convoités, notamment par les marques de luxe et les distributeurs internationaux. Hermès, situé rue de Sèvres à Paris, y implantera aussi sa griffe chinoise Shang Xia. L’arrivée du chausseur Berluti est également annoncée. À Cannes, Armani s’est installé sur la Croisette. En centre commercial, Marks & Spencer a privilégié les très qualitatifs So Ouest à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et Beaugrenelle à Paris (ouverture ce printemps).

Transactions pharaoniques

Les distributeurs n’hésitent pas à payer à prix d’or un emplacement à fort trafic, un espace dans un centre commercial garantissant du rendement. «Ce sont des valeurs sûres en période de crise et de baisse de la consommation», explique Christian Dubois. Paris et sa célèbre avenue des Champs-Élysées enregistrant des records. Mac (groupe Estée Lauder), qui a ouvert le 20 février, et le joaillier Tiffany&Co, dont l’arrivée est prévue en 2014, auraient signé pour une valeur locative de plus de 20 000 euros le mètre carré par an. «Sans compter les droits aux baux de plus de 25 millions d’euros», ajoute-t-il. «Il s’agit du troisième flagship international après ceux de Time Square et de la 5e avenue à New York, déclare Karen Buglisi, global brand president de Mac Cosmetics. Chaque année, 167 millions de personnes arpentent les Champs-Élysées. Au-delà de l’aspect financier – les 128 boutiques présentes génèrent un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros par an –, nous renforçons ainsi le positionnement mode de la marque.» 

Ces transactions pharaoniques feraient presque oublier la réalité d’un marché qui n’est pas épargné par la conjoncture. Le rythme des ouvertures de centres commerciaux s’est ralenti en 2012 (260 163 m² contre 354 191 m² en 2011). Le nombre de mètres carrés disponibles dans les rues commerçantes reste quant à lui stable. Les ouvertures de parcs d’activités commerciales (Pac) ont progressé de 73% sous l’impulsion de grands projets (huit parcs supérieurs à 20 000 m² comptant pour 50% de l’ensemble des ouvertures). «Les Pac ont encore une image très populaire, peu d’enseignes internationales les privilégient pour une première implantation, contrairement à ce qui se passe en Grande-Bretagne», souligneChristian Dubois.

Flambée des prix sur les Champs-Élysées

 

Loyer Prime en zone a en euros/m2 par an – 2011 en euros/m2 par an – 2012
PARIS : avenue des Champs-Élysées 10 000 15 000
rue du Faubourg-Saint-Honoré 6 500 8 000
avenue Montaigne 6 500 8 000
boulevard Haussmann 4 600 5 000
boulevard Saint-Germain 4 500 5 500
rue de Rivoli 3 500 4 000
BORDEAUX : rue Sainte-Catherine 2 000 2 000
CANNES : La Croisette 6 000 6 500
LILLE : rue Neuve-Béthune 2 000 2 000
LYON : rue de la République 2 000 2 200
MARSEILLE : rue Saint-Ferréol 1 800 1 800
NICE : avenue Jean Médecin 2 000 2 000
STRASBOURG : place Kléber 2 000 2 000
TOULOUSE : avenue Alsace-Lorraine 2 000 2 000

Le triangle d’or parisien reste très convoité.
Le côté pair des Champs-Élysées est l’un des plus élevé,
à 15 000 euros/m²/an contre 10 000 euros/m²/an
pour le trottoir impair.

   

Source : Cushman & Wakefield.

   
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