Spa : Jean-Louis Poiroux

Adepte de yoga et de méditation, il a créé, il y a treize ans, Cinq Mondes, des spas et des cosmétiques naturels présents dans une trentaine de pays, dont les États-Unis depuis fin novembre.

C’est en testant différents centres de bien-être dans le monde que Jean-Louis Poiroux s’est fait une opinion sur les spas : «Commerciaux et impersonnels aux États-Unis, immenses en Asie». Seuls les Health Farms britanniques trouvent grâce à ses yeux. En France, où l’offre est alors quasi inexistante, il rêve d’ouvrir «un spa à la française : un lieu haut de gamme, accueillant, chaleureux, qui propose des expériences aquatiques à travers un hammam, de la balnéothérapie, avec des produits spécifiques, sans silicone, sans parabène», déclare cet amateur d’ayurveda et d’aromathérapie qui réalise son souhait au début des années 2000. «Le plus gros investissement a été la construction du spa Cinq Mondes, passage Edouard VII à Paris, où sont dispensés des soins issus des traditions de bien-être ancestrales avec des cosmétiques naturels (six initialement). La presse m’a énormément soutenu.»

La notoriété aidant, Jean-Louis Poiroux est contacté par des hôteliers. Le premier spa franchisé Cinq Mondes ouvre en 2001 à l’Ile Maurice. Mais c’est le Beau Rivage Palace, à Lausanne, qui lui offre sa plus belle vitrine en 2005. «J’ai eu la chance d’avoir été choisi par cet établissement. C’est une référence dans le monde du bien-être.» De la chance mais aussi une bonne dose de professionnalisme. Grâce à son spa parisien, cet ancien l’oréalien a pu éprouver certaines techniques de gestion. «Nous avons été confrontés aux mêmes impératifs que les spas d’hôtel, à savoir accueillir de façon personnalisée un grand nombre de clients, précise-t-il. Nous formons leur personnel et assurons un suivi qualité des prestations. Le développement des spas dans l’hôtellerie est inéluctable. Ils font partie des services. Le marché continue donc de progresser de 10% par an, même s’il y a eu un écrémage en 2008-2009.» Présent dans une cinquantaine d’hôtels et dans 600 day spas, dont 400 en France, Cinq Mondes annonce une croissance annuelle de 10% à parc non comparable.

Fin novembre, la marque a inauguré un premier spa aux Etats-Unis, où un partenaire local a l’intention d’en ouvrir plusieurs sur le territoire. Parmi les autres projets : l’ajout de cours de yoga et des protocoles conçus par Nathalie Poiroux, psychoclinicienne, au portefeuille de prestations. L’épouse de Jean-Louis Poiroux est également à la tête du centre de formation Cinq Mondes, qui reçoit chaque année 5000 personnes. Par ailleurs, le spa parisien (600 m²) sera rénové cette année. «Tant qu’il y a de la croissance, je n’éprouve pas le besoin d’ouvrir le capital de ma société à des financiers», déclare le chef d’entreprise, qui veut continuer à voir le monde du spa à sa façon.

Son parcours

Fructis, la gamme aux flacons vert pomme, fait partie des produits qu’il a lancés. Jean-Louis Poiroux a passé douze ans au sein du groupe L’Oréal, notamment à la direction marketing stratégique des capillaires de la division grand public. «C’est une excellente expérience en développement produits. En revanche, on n’apprend pas le retail, c’est pourquoi j’ai rejoint l’horloger Tag Heuer.» Pendant deux ans, il participe à la conception de montres et surtout au déploiement du réseau de boutiques en Asie. Au fil de ses voyages, il découvre le monde du spa et décide de fonder son affaire en 2000.

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