Packaging : Aude de Livonnière

Livcer vient d’obtenir la certification des bonnes pratiques de fabrication (ISO 15378) exigée par le nouveau règlement cosmétique, plaçant la société familiale dirigée par Aude de Livonnière, spécialiste de l’échantillon thermoformé, à la pointe de la réglementation.

A Sucy-en-Brie, dans le Val-de-Marne, siège et site unique de production de Livcer, c’est un peu comme à la maison. Le grand frère qui a fondé la société, Charles de Livonnière, côtoie sa sœur au quotidien et les blagues vont bon train. Le business de la cadette est au beau fixe : Aude a développé l’activité échantillons et monodoses thermoformés, qui réalise aujourd’hui la moitié du chiffre d’affaires de Livcer (CA 2012 : 13 millions d’euros).

Avec la norme BPF, la société fait office de pionnier dans le monde de l’emballage cosmétique. «Notre politique a toujours été de mettre en avant notre expertise made in France, décrit Aude de Livonnière. Dès qu’une norme est efficace pour notre productivité, nous n’hésitons pas à la mettre en place, même si elle n’est pas obligatoire.» Ce savoir-faire est la clé de voûte de l’activité monodose de Livcer, qu’Aude de Livonnière n’a pas peur de qualifier de «niche». En effet, la société ne fabrique que des mini-produits thermoformés, qui font de plus en plus d’ombre aux sachets. «Nos produits sont plus onéreux mais leur taux d’ouverture est aussi de 30% supérieur à celui d’un échantillon classique», revendique la manager.

Fondée en 1988, Livcer se développe d’abord sur l’impression de blisters, un métier hérité de papa. Aude rejoint la société trois ans plus tard pour lancer la nouvelle technologie du thermoformage. Les premiers clients sont des fabricants de compléments alimentaires pour la pharmacie, à la recherche d’un conditionnement alternatif aux ampoules en verre, matériau interdit sur certains marchés. Petit à petit, le thermoformage attire les marques de la dermocosmétique, puis celles de la beauté tous circuits. «Notre force est de toujours proposer une très grande souplesse à nos clients, explique Aude de Livonnière. La difficulté de notre activité est que chaque projet est inédit, car les marques utilisent ce type d’échantillon pour événementialiser un lancement. Après, elles ont davantage recours au sachet.»

Aujourd’hui, Livcer, qui emploie 47 personnes sur ses 5 000 m² de Sucy-en-Brie, a la volonté de conquérir de nouveaux territoires. Elle travaille avec des agents locaux, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, au Portugal et, très récemment, aux Etats-Unis, un marché qui intéresse particulièrement l’industrielle. «Nous avons un savoir-faire qui n’existe pas outre-Atlantique», assure Aude de Livonnière. L’année 2012 s’est terminée sur une note positive mais elle reste vigilante : «Nous essayons de maintenir un bon équilibre entre nos petits clients et les gros mastodontes». La clé du succès des PME françaises ?

Son parcours

Rien ne prédestinait cette juriste, en charge des contrats chez Sony Music, à l’industrie packaging. Pourtant, l’appel de la famille et celui de l’industrie ont été plus forts que celui de la musique. Aude de Livonnière rejoint son frère en 1991 pour lancer l’activité thermoformage de mini-produits de Livcer. En 2007, elle s’engage auprès du CEW, pour créer en 2010 la commission maquillage, qui organise des conférences pour recruter des fonds pour l’association.

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