Design : le packaging fait chambre à part

Associer des actifs normalement inconciliables, formuler avec plus de liberté et apporter un aspect high-tech : les conditionnements double chambre trouvent un regain d’intérêt.

Pas nouveau, direz-vous ! Depuis longtemps, le Double sérum de Clarins a adopté une chambre double afin de concilier une phase grasse d’un côté, aqueuse de l’autre. Pourquoi faire, alors que les émulsions permettent de lier ces deux phases ? Justement pour se libérer des émulsionnants, comme l’explique Lionel de Benetti, ancien directeur de la recherche Clarins, à l’origine de la formule : «Le Double sérum n’impose aucune contrainte dans le choix ou la quantité des actifs grâce aux deux phases qui permettent de les assembler en fonction de leurs affinités, sans risque d’incompatibilité. Par ailleurs, le nouveau pack permet de doser au plus juste la quantité des deux galéniques pour un maximum d’efficacité. Enfin, l’absence d’émulsionnants confère aux actifs une totale liberté de mouvement dans la peau. Ils ne sont pas attachés les uns aux autres, chacun a sa cible cellulaire».
En effet, le principe même de la double chambre est de ne jamais mettre en contact les deux formules avant la délivrance à l’utilisateur. Ainsi, des actifs qui pourraient s’oxyder ou s’annihiler ne se rencontrent qu’au moment de l’utilisation puisque chaque flacon est doté d’une pompe indépendante. Et les nouvelles pompes offrent encore plus de précision puisqu’on peut choisir le juste ratio de chaque formule. Un avantage technologique précieux pour le formulateur, mais aussi pour le marketeur : les produits double chambre apportent un gage de sérieux, une impression de high-tech.

Deux niveaux d’étanchéité

L’Oréal Paris, marque à l’image la plus technique en GMS, a d’ailleurs beaucoup utilisé ce type de flacons, pour des produits de soin comme Vita Lift double lifting Men Expert (aujourd’hui disparu) ou Revitalift double lifting jour, mais aussi pour son nouveau soin cheveu Double-Sérum SOS zones abîmées Elsève Total Repair Extrême, qui allie d’un côté un gel à l’acide lactique (LAK 1000), de l’autre un concentré resurfaçant riche en agents lissants et en céramides.
Pour Sublime Mousse, sa nouvelle coloration, la marque l’oréalienne a poussé le concept encore plus loin. Le but était d’éviter les fastidieux mélanges maison inhérents à la coloration, les pigments et les oxydants ne pouvant cohabiter dans un même flacon. Pour faciliter la vie des consommatrices et rendre plus glamour un geste vu comme une corvée, les ingénieurs ont mis dix ans pour créer, en association avec un fabricant japonais, un contenant adapté. Comme l’explique Luc Maelstaf, ingénieur packaging L’Oréal : «Nous avons mis au point deux aérosols à propulsion instantanée, sans effort, en une seule pression, dans un objet totalement miniaturisé. Sa particularité, c’est aussi sa double enveloppe qui protège la formule : plastique à l’intérieur, aluminium à l’extérieur, garantissant ainsi deux niveaux d’étanchéité». L’objet compte 26 pièces ! Une prouesse technique que ne soupçonne pas l’utilisatrice, le tout étant caché par un habillage doré.
Mais le groupe L’Oréal investit aussi dans d’autres solutions pour faire cohabiter des formules. Pour le sérum-crème de Garnier, il ne s’agit pas d’une double chambre mais d’un procédé industriel qui permet de juxtaposer deux galéni-ques dans un même flacon sans qu’elles se mélangent avant l’application. Les formules s’enroulent l’une autour de l’autre en spirale, telle une double glace italienne, dans les proportions voulues. Avantage : une esthétique ludique et attractive.

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