PLV : le plastique, c’est fantastique !

Les créations PLV de Noël 2012 s’appuient sur une matière première reine : la résine plastique, avec le PMMA en figure de proue. Brillance, reflets métallisés et dorés garantis.

«Dans la constitution d’un outil merchandising, le choix du matériau s’avère primordial, explique Lyne Mazevet, ingénieure commerciale chez le fabricant de PLV Constantin. Et pour cause : c’est lui qui, au travers des formes qu’on lui donne, des effets de matière qu’on lui confère et des couleurs qu’on lui attribue, vient en premier sublimer la marque.» Qui plus est sur un circuit de distribution – le sélectif – où le prestige de la bannière n’est pas un vain mot.

En cette période de Noël si stratégique – «la plus importante pour Constantin, devant la Fête des mères», ajoute Lyne Mazevet –, les producteurs d’outils de promotion sur le lieu de vente redoublent d’efforts pour livrer à leurs clients (marques-fabricants le plus souvent, ainsi que certaines marques-enseignes) des créations placées, cette année plus que jamais, sous le signe «des festivités», selon Patricia Bonnissent, directrice générale de RC Concept. Effets de brillances, reflets métallisés et tons dorés se distinguent avec force dans les parfumeries.

L’ensemble de ces réalisations a investi les magasins depuis mi-novembre, pour une durée qui oscille entre quatre et six semaines. «Il s’agit bien de PLV éphémères, note Mathias Tenenhaus, gérant de la société Formes et Sculptures, non réutilisables une fois la période de Noël achevée.» «Plus des trois quarts de nos produits ont une durée de vie bien définie, qui ne dépasse pas un mois et demi», corrobore l’ingénieure commerciale chez Constantin.

Jeux de lumières

Matériau roi utilisé par les fabricants cette année, le PMMA (polyméthacrylate de méthyle), plus connu sous le nom générique de Plexiglas, «signe un retour remarqué, observe Mathias Tenenhaus. Très résistant, idéal pour créer des structures à effet miroir, il permet, en matière de façonnage, de nombreuses possibilités, notamment la création d’angles vifs». Matériau d’une «grande pureté par rapport à d’autres plastiques, le PMMA, qui offre également une excellente transmission de la luminosité, a été utilisé chez nous en version d’un millimètre d’épaisseur, pour la réalisation de glorifiers à l’attention de l’enseigne Sephora, détaille Patricia Bonnissent. Ils viendront soutenir des flacons de parfum, tel l’élixir 1 Million de Paco Rabanne. L’idée était de créer un présentoir festif, qui “claque”, avec des jeux de lumière omniprésents.» Preuve supplémentaire du grand cas que font les fabricants de PLV du polyméthacrylate de méthyle : «Il fait partie des matériaux plastiques les plus utilisés pour nos créations, y compris hors période de Noël, en tabletterie ou en injection», révèle Yvon Offret, directeur commercial des produits éphémères chez Marie-Laure PLV. Chez le fabricant, on constate néanmoins que «la période des fêtes est moins forte qu’il y a quelques années. Nos réalisations s’inscrivent davantage dans des lancements de nouveaux produits

La PLV est d’or

Autre matériau plastique façonné à grande échelle par les industriels de la PLV, le polystyrène (ou PS). «Ses caractéristiques sont bien connues, poursuit la directrice générale de RC Concept. A l’instar du PMMA, on l’emploie pour sa brillance et ses propriétés réfléchissantes, à effet miroir. Pour notre dernière création pour la maison Dior, destinée au réseau Nocibé, nous l’avons habillé d’une parure d’or, bien en phase non seulement avec la marque, mais également avec ce laps de temps placé sous le signe de la fête.» Moins noble – donc meilleur marché que le PMMA –, le PS présente un inconvénient majeur : une faible résistance aux rayures. «C’est pour cela que nous livrons nos présentoirs recouverts d’un film protecteur», poursuit Patricia Bonnissent. Chez Constantin aussi, on retrouve le polystyrène en version «miroir». «Nous l’avons utilisé pour confectionner des boules à facettes», explique Lyne Mazevet. Autant de réalisations qui sont venues investir à la fois la vitrine et l’intérieur des magasins Sephora.

Outre le PS, du carton, sous la forme d’un pelliculage en argent, là encore destiné à renforcer l’effet de brillance, a été intégré pour recouvrir ces structures sphériques. «Notre objectif, une fois de plus, a consisté à travailler sur le thème des festivités, à mi-chemin entre le disco et le psychédélique», argumente l’ingénieure commerciale. Et parce que rien ne relève du hasard, on note également la présence, dans les cahiers de créations 2012 de RC Concept, ces mêmes boules à facettes en support des glorifiers.

Tendance paillette

Un troisième matériau, qui fait davantage office d’élément de finition mais qui reste parfaitement en phase avec le thème de la fête, est venu s’intégrer avec force dans les PLV beauté de Noël : la paillette. «Le couple plastique à effet miroir plus paillettes s’avère très tendance», confirme-t-on chez Constantin. Chez RC Concept, le produit a été utilisé sur des supports en version dite «jetée». «Le procédé coûte cher, il faut compter entre 25 et 30 euros le mètre carré, mais le rendu est saisissant, a fortiori dans les vitrines, qui sont exposées à la lumière du jour», se réjouit Patricia Bonnissent.

Face à la conjoncture, les marques exercent-elles sur les fournisseurs de fortes pressions pour faire baisser le prix des PLV ? «La tendance vers la livraison de solutions meilleur marché est une réalité», constate Mathias Tenenhaus. «Sur le court terme, on estime que nos créations sont 20% moins chères qu’hier. Il faut dire que l’automatisation et l’ingénierie progressent à grands pas dans notre profession», confirme Yvon Offret. Pour le plus grand bonheur de leurs clients.

Quel impact de la hausse des coûts des matières premières ?

L’envolée des cours des résines plastiques, matériau largement répandu chez les fabricants de PLV – Elipso, le syndicat professionnel des producteurs d’emballages pointait, en septembre dernier, une hausse de 35% sur les trois derniers mois –, engage-t-elle la filière à s’orienter vers l’utilisation de nouvelles solutions ? «Incontestablement, répond Lyne Mazevet, ingénieure commerciale chez Constantin. Les clients nous demandent d’être plus astucieux via le développement de procédés moins coûteux. A titre d’exemple, nous avons mis au point en interne une technique d’impression en relief baptisée “Z Printing”. Elle offre d’excellents rendus, que ce soit pour les effets pailletés ou les tissus.» Et Yvon Offret, directeur commercial des produits éphémères chez Marie-Laure PLV, de noter que «dans ce contexte de hausse des coûts des matières premières, l’utilisation du carton est de plus en plus requise, notamment pour les créations en vitrine, au même titre que le bois, même si la demande est moins forte.»

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