Interview : “Nous concentrer sur le luxe”

Alain Chevassus, PDG de Cosfibel, fait le bilan d’une année marquée par le recentrage de la société sur le packaging secondaire et les coffrets promotionnels.

Pouvez-vous nous parler de votre stratégie de développement ?

Alain Chevassus : L’actualité 2012 a été très riche pour Cosfibel. Nous étions jusqu’alors présents sur trois métiers : le packaging primaire, le secondaire et le promotionnel. Nous avons décidé de nous recentrer sur les deux derniers, raison pour laquelle nous avons cédé Primapack à Topline l’année dernière. Les activités d’emballage secondaire en plastique sont désormais regroupées dans la division Cosfibel Industries tandis que Cosfibel Premium, dirigée par Ilan Schinazi, est dédiée à la promotion. Cette cession nous permet aussi d’envisager de la croissance externe. Nous avons acheté Solvpack en août dernier, qui vient compléter l’activité négoce haut de gamme de Mandalay Design sur le packaging promotionnel. Nous souhaitons nous éloigner du mass-market pour nous concentrer sur le luxe, plus porteur. Nous avons ainsi créé Cosfibel Porto, au Portugal, en reprenant ​la société locale Petembal, spécialisée dans l’emballage en plastique. En plus d’améliorer notre maillage industriel, cela nous permet de toucher les PME locales. Cette usine portugaise nous offre un outil de production en Europe avec une main-d’œuvre trois fois moins chère qu’en France. La proximité géographique avec nos clients est l’une de nos priorités.

Pouvez-vous développer ?

A.C. : Nous enregistrons une importante croissance organique grâce à deux positions géographiques fortes que nous appelons des «hubs», un en Asie et un à Paris, mais nous pouvons également compter sur une multitude de satellites – nous sommes physiquement présents dans douze villes à travers le monde –, que nous mettons tous en réseau. Cette politique est coûteuse mais elle est primordiale pour nos fournisseurs comme pour nos clients. On ne survit plus sans bureaux locaux. En Asie par exemple, grâce à notre présence à Singapour, Hong Kong ou encore Shenzhen, nous pouvons développer notre sourcing – l’une de nos nouvelles priorités – mais aussi toucher des clients locaux et les multinationales qui s’installent en Chine, notamment. Jusqu’à présent, nous n’avons pas fait de vente locale mais les débouchés qui s’offrent à nous sont importants et deviennent un nouvel axe dans notre stratégie de développement.

Quels sont vos résultats pour 2012 ?

A.C. : Notre croissance organique, complétée par de la croissance externe et la mise en réseau de notre présence dans le monde, nous permet d’atteindre – à périmètre comparable – une progression flat à 15 millions d’euros sur le packaging secondaire et une forte hausse de l’activité promotion, à +35% pour 60 millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, nous effectuons les deux tiers de nos ventes en cosmétique, le reste sur les spiritueux, mais nous visons à terme l’équilibre entre ces deux activités, notamment grâce à Solvpack, qui réalise l’essentiel de son chiffre avec les spiritueux.

Comment envisagez-vous le marché en 2013 ?

A.C. : Notre stratégie nous permet d’aborder 2013 sereinement malgré des résistances sur les prix et les stocks, qui vont impacter les commandes. Nous nous trouvons dans la même situation qu’en 2010 ; la crise mécanique du jeu des stocks va s’appuyer sur une crise psychologique. Le luxe va certainement être touché. Le seul fait que la Chine annonce une croissance de 7% au lieu de 9% va entraîner mécaniquement une décélération, le pays étant le premier consommateur du luxe dans le monde. Parallèlement, nous sommes en négociations pour acquérir une nouvelle société. L’affaire devrait se concrétiser d’ici à la fin de cette année.

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